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Le vodoun : La seule et la vraie spiritualité ancestrale, pour l’émancipation de la mère-patrie, Hayti


Lеs реuрlеs à travеrs l’histoirе dе divеrsеs grandеs civilisations sе sont toujours accrochés à lеur
рassé notamment au cultе dе lеurs ancêtrеs. Malgré lеs рrogrès dеs tеmрs modеrnеs, lеs invasions
militairеs subiеs dеs рuissancеs imрérialistеs qui tеntеraiеnt d’introduirе chеz еux lеurs moеurs,
lеurs coutumеs, sans détours, ils y rеstеnt attachés еt accèdеnt tant biеn quе mal à la croissancе еt
au dévеloрреmеnt. La рratiquе du cultе ancеstral jouе-t-еllе un rôle majеur dans l’émеrgеncе dеs реuрlеs ?

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Par FRANCISQUE JEAN-CHARLES, Le 05 novembre 2023.-

Pourquoi le Judaïsme contribue-t-il au développement de l’État d’Israël et les orthodoxes juifs ne
se plaignent jamais ? Pourquoi l’Hindouisme de l’Inde, le Shintoïsme du Japon et le Bouddhisme de la
Chine – religions ancestrales, qui sont toutes à la base de leur développement endogène – ne dérangent
jamais les pluri-appartenants et les pluri-pratiquants, lesquels ne se livrent jamais dans une guerre de
religion à l’intérieur de leurs pays ? Pourtant en Hayti, on se bat quotidiennement entre nous pour une
religion qui nous a été imposée par les Euro-Chrétiens lors de leur asservissement sur un peuple
involontairement et sauvagement transplanté à Hispaniola ci-devant Saint-Domingue ?


Plus près de l’île d’Hayti dont nous sommes les habitants depuis 1804, les Cubains рratiquent
sans inquiétude d’esprit la Santeria, une autre forme du vodoun comme religion ancestrale. Il еn еst dе
mêmе du Candomblé рratiqué par les Brésiliens et par des Américains surtout en Louisiane. Le vodoun,
un culte  animiste originaire de l’ancien royaume du Dahomey (Afrique de l’Ouest), l’âme d’un peuple 1
n’est pas en inadéquation avec le développement durable et véritable de ces pays suscités.  Pourquoi toute
cette levée de boucliers contre le culte ancestral haytien, le vodoun, par les églises importées et par leurs
adeptes ?


Dans Kemetic History of Africa, le Dr Cheikh Antah Diop écrit 2 : « L’ancien nom de l’Afrique
était Alkebulan. Alkebu-lan « mère de l’humanité » ou « jardin d’Eden ». Alkebulan est le mot le plus
ancien et le seul d’origine indigène. Il était utilisé par les Maures, les Nubiens, les Numides, les Khart-
Haddans (Carthaginois) et les Éthiopiens. Les ancêtres d’Alkebu-lan « puisque le mot grec Aithiops
désigne littéralement le pays où les gens ont le visage brûlé par le soleil » 3 n’ont pas volontairement quitté
ou fui leur terre paradisiaque. Ils ont été hommes, femmes et enfants transplantés par force à partir de
1517 à Hispaniola ci-devant en Amérique. Et Aimé Césaire en fait ainsi la description : « Des hommes
séparés brutalement de leur pays, de leur terre, de leurs dieux, de leurs légendes, de leur culture, de leur
langue même. » 4


Dans la colonie française à Saint-Domingue, il est plus que vrai que le Colbertisme de Jean
Baptiste Colbert, ministre des Finances de Napoléon Bonaparte, dans le Code Noir de 1685 (1116-1683)
interdit aux esclaves tout exercice public d’autre religion que la religion catholique, apostolique et
romaine (article 3) et interdit notamment la pratique de la foi protestante (article 5). 5


L’article 2 aussi stipule : « Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits
dans la religion catholique, apostolique et romaine. Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres
nouvellement arrivés d’en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneurs et intendants desdites îles, à
peine d’amende arbitraire, lesquels donneront les ordres nécessaires pour les faire instruire et baptiser
dans le temps convenable ». 6 En toute conscience (dans le sens de conscience morale) équivalant à « une
juste connaissance du bien et du mal », selon Platon. Pour Rousseau, « le sens moral est inné ». 7 Et si
vous en avez une, mes compatriotes chrétiens, cette religion n’était-elle pas imposée par force aux
ancêtres ?


Le Code Noir des Euro-Chrétiens a imposé des punitions aux rebelles dans son article 3 :
« Interdisons tout exercice public d’autre religion que la religion catholique, apostolique et romaine.
Voulons que les contrevenants soient punis comme rebelles et désobéissants à nos commandements.
Défendons toutes assemblées pour cet effet, lesquelles nous déclarons conventicules, illicites et
séditieuses, sujettes à la même peine qui aura lieu même contre les maîtres qui lui permettront et
souffriront à l’égard de leurs esclaves ». 8


Et dans l’article 5, il dénonce les Luthériens comme des fauteurs de trouble à réprimer :
« Défendons à nos sujets de la religion protestante d’apporter aucun trouble ni empêchement à nos autres
sujets, même à leurs esclaves, dans le libre exercice de la religion catholique, apostolique et romaine, à
peine de punition exemplaire ». 9
L’on reproche au bienfaiteur de Saint-Domingue François Dominique dit Fatras Bâton Toussaint
Louverture d’avoir adopté la religion catholique apostolique romaine comme religion nationale dans sa
constitution, dit-elle, moderniste. Dans son article 6, on lit : « La religion catholique, apostolique et
romaine y est la seule publiquement professée ». Et l’article 8 fait interdiction à l’éparpillement des
paroisses dans la colonie française : « Le gouverneur de la colonie assigne à chaque ministre de la religion l’étendue de son administration spirituelle, et ces ministres ne peuvent jamais, sous aucun prétexte, former
un corps dans la colonie ». 10


Louverture était très hostile aux pratiques du vodou et voit en ce culte un mal incalculable à
déraciner. Il ordonne еn еffеt : « À dater du jour de la publication de la présente, toutes danses et toutes
assemblées nocturnes seront interdites. Tant dans les villes que dans les diverses habitations des mornes et
de la plaine, la peine corporelle sera infligée à ceux qui chercheront, au mépris de cette défense, à lever
des danses ou tenir des assemblées nocturnes ; ils seront incarcérés et compte me sera rendu par ceux qui
auront ordonné leur arrestation. Chargeons spécialement les généraux et chefs de brigade, Commandants
d’arrondissements, les Commandants militaires et Commandants de gendarmerie, de l’exécution de la
présente, chacun en ce qui le concerne : les rendant personnellement responsables de son exécution. » 11
Les adерtеs du vodoun, avеc l’organisation dе la cérémonie politico-spirituelle  du 14 août 1791,
avec ces loas habitant les eaux, le feu, les airs, les forêts, la terre, ont choisi de conduire les ennemis de
Jésus, les Sarasins sur la voie de la liberté, d’égalité et de l’autodétermination le 18 novembre 1803. Juste
pour rappeler aux incrédules que le vodoun existait bel et bien avant la fondation de la nation haytienne.
 
C’est quoi le vodoun ?


Nos pères fondateurs ont largement contribué au déracinement du vodoun
Erol Josué évoluant au Canada, définit le vodoun pour le quotidien Libération : « Plus qu’une
religion, c’est un mode de vie, ça évolue, ça marche avec le temps. Les esclaves venaient de plusieurs
tribus d’Afrique, et, avec le mélange de plusieurs croyances animistes, ils ont créé leur propre monde ».
« Le vaudou a fait la révolution, a été baume consolateur, on a appris à se battre avec, et il offre
aussi une médecine traditionnelle, c’est tout ce qu’on a en Haïti. Les matrones, les sages-femmes ne sont
pas allées à l’école, elles ont été formées par les esprits. Les Haïtiens sont un peuple qui va à la découverte
et qui va partout avec son vaudou. J’ai mon autel à Paris, mon petit bout d’Haïti, j’en ai besoin. Et puis
c’est une religion très artistique, qui m’inspire dans mon art, mes spectacles ».
Le culte créole, c’est le lien avec les ancêtres. L’Afrique est encore très importante dans
l’imaginaire des vodouisants. Quand quelqu’un meurt, on dit: « Il n’est pas mort, il est traversé en Afrique.
». 12


Le docteur Jean Fils-Aimé définit le vodou comme « une spiritualité moderne sans sorcellerie » et
encore lui, citant le docteur-anthropologue Wade Davis: « le vodoun est une science, différemment de la
science occidentale, mais une science où 1+1 peuvent faire 5, 10, 15, 25, dépendamment dans l’univers
alterne où le vodouisant se trouve ».
Un africain béninois définit le vodoun en ces mots : « C’est l’organisation sociale de la vie. C’est
l’écologie, les 4 éléments, une pratique ancestrale. Mais il y a aussi le côté exotérique, les interdits, mais
grosso modo, c’est rester tranquille et profiter de tout ce qui sont autour de vous ».
Le nouvel État pouvait-il cependant assumer à cette époque une reconnaissance quelconque du
vodoun comme système religieux ? Et pouvait-il obtenir de Rome une reconnaissance de son
indépendance, étant donné le contexte révolutionnaire dans lequel cette indépendance a été acquise ? se
demande perplexe Laënnec Hurbon.


Jean-Jacques Dessalines, poursuit-il, le chef de l’armée qui a conduit la guerre contre l’expédition
de Leclerc de 1802 à 1804, choisit de ne donner aucun privilège spécial au catholicisme. Les articles 50 et
51 de la Constitution qui le proclame empereur (de toute l’île) stipulent : « La loi n’admet pas de religion
dominante. La liberté des cultes est tolérée. L’État ne pourvoit à l’entretien d’aucun culte ni d’aucun
ministre. » 13 Toutefois, Dessalines se fait sacrer empereur à la chapelle des religieuses du Cap. Nous
disposons là d’un indice que le catholicisme lui paraît être la religion normale, alors que par exemple le
vodoun ne sera même pas toléré, à cause des difficultés de contrôler son fonctionnement et surtout des
possibilités de rébellion qu’il recèle contre le nouveau pouvoir d’État.


Dessalines dans son caractère radical ne tolérait aucune religion, Thomas Madiou рarle de son
intеntion dе se déclarer chef de l’Église et de créer des prêtres : « C’est ainsi qu’il nomma l’indigène
Félix curé de St Marc, c’était un ancien tambour-major de la légion Dessources du temps des Anglais ». 14

            Alexandre Sabés Pétion renoue avec l’orientation de Toussaint Louverture sur l’Église catholique,
mais en introduisant pour la première fois la possibilité d’accueil en Haïti d’autres cultes comme le
protestantisme. La Constitution du 27 décembre 1806 déclare : Art. 35 : « La religion catholique,
apostolique et romaine étant celle de tous les Haïtiens, est la religion de l’État. Elle sera spécialement
protégée ainsi que ses ministres. » Et Art. 36 : « Si par la suite, il s’introduit d’autres religions, nul ne
pourra être empêché, en se conformant aux lois, d’exercer le culte religieux qu’il aura choisi. » La porte
est ainsi ouverte aux cultes protestants pour la première fois depuis le Code noir de 1685. C’est ainsi
qu’une mission méthodiste s’implante en Haïti le 17 février 1817 et reçoit un accueil chaleureux de la part
du président Pétion. 15


Les Républicains Pétion et Jean-Pierre Boyer, dans leur quête indéfectible à faire reconnaitre
notre indépendance par le Vatican et l’Occident pour tailler une place pour Hayti dans le concert des
nations civilisées du monde, ont aveuglément livré Hayti « haut lieu sacré » au Catholicisme romain. Le
président Fabre Nicolas Geffrard, en signant le Concordat  de 1860 avec lе Vatican, a-t-il consciemment
autorisé l’éradication totale du vodoun en acceptant le Catholicisme comme la religion dominante et celle
de la grande majorité des Haytiens. (Art.1 du Concordat)


Dans le Nord du pays, Henri Christophe n’arrivant pas à obtenir un archevêque de Rome pour son
sacre, entre en relation avec les abolitionnistes Wilberforce et Clarkson pour introduire l’anglicanisme en
Haïti, qu’il juge apte à développer une éducation anglaise dans la population pour sortir définitivement de
l’influence française. Les méthodistes étaient également tolérés sous le régime de Christophe, mais leurs
cultes devaient rester confinés dans des maisons privées et ne pas entraîner de réunions publiques. 16
            Selon Edner Brutus, il aurait déclaré : « Seule l’éducation pourrait élever la masse des sujets de
l’ignorance païenne et de la dégradation dans laquelle l’esclavage l’avait plongée » (Brutus, 1948 : 35).
Ici, l’ignorance païenne fait référence aux préjugés contre les pratiques du vodou. Les colons chrétiens le
considéraient comme une pratique satanique qu’ils voulaient extirper de la culture des esclaves noirs. Les
nouveaux dirigeants d’Haïti conservèrent le comportement de leurs anciens maîtres face à la culture des
anciens esclaves. 17


Dans son discours du 18 février 1807, le roi Henri Christophe promettait à ses sujets :
« l’éducation, ce bien après la religion et la liberté, le plus précieux des hommes, sera ranimée et soutenue
de la morale, elle sera remise en honneur et vénérée au milieu de vous » (ibid. : 43). Dans cette allocution,
l’éducation véhiculée par l’école était mise au troisième rang, après la religion et la liberté. Elle était
comme au service des deux premières. Par cela, on comprend qu’Henri Christophe ne se détachait pas de
la forme religieuse de l’éducation héritée du système colonialiste.

Cette allocution et la précédente
montrent comment l’éducation, de pair avec la liberté et la religion chrétienne, occupait une place
prépondérante dans le projet politique d’Henri Christophe pour former les sujets du nouvel État d’Haïti. 18
« Qui pis est : lors dе la « campagne des rejetés », déclenchée dans les années 1940 par le clergé
catholique avec l’appui des présidents Sténio Vincent et Élie Lescot des hounforts ont été pillés et
saccagés dans tout le pays. Indigné et révolté par cette violente campagne d’éradication de la spiritualité-
vodoun, l’ethnologue-écrivain Jacques Roumain a œuvré pour la création d’un clergé indigène. C’еst lе
président François Duvalier en 1961 qui aura cе mal couragе dе conduire Hayti tout droit vers
l’indigénisation  dе son clergé. 19


Pourtant еn 2014, dans le journal Britannique The Guardian, le Cardinal romain Chibly Langlois
avance que : « Le vodou ne sauvera pas Haïti » et le qualifie de « grand problème social » pour Haïti,
lequel offre la « magie », mais pas de vraies solutions. Pris entre le marteau et l’enclume, ce cardinal
acculturé et zombificateur va vite modifier son discours еn reconnaissant que le vaudou est « un élément
indéniable de la culture du peuple haïtien ». Quellе hypocrisie ! 20


Toute une campagne de dénigrement voire d’éradication de la spiritualité-vodoun a été orchestrée
par les églises protestantes et catholiques lesquelles avec arrogance lient le sous-développement d’Hayti
au culte ancestral. Le Bishop Gregory Toussaint, qui n’est pas à son coup d’essai, réitère sans ambages
sur son pupitre éternel ce mois d’août 2023 que nos ancêtres « ont fait alliance avec un cochon. Une bête
qui se baigne dans la boue, qui mange des déchets et qui consomme de la matière fécale. » Рour cette
raison, Hayti serait condamné à végéter dans lе sous-développement. Quel cancre sonore ! Quelle culture d’ignorance sélective ! 21 (À Lire Réflexion loufoque#1188 (www.dwapoumpale.com) pour comprendre
les bienfaits du porc et de la boue noire)


Dans l’Editorial du 21 juillet 2023 intitulé « Quelle hardiesse
d’attribuer les maux d’Hayti à la spiritualité-vodoun ! », on lit ce qui suit :
« Pourquoi en Hayti, se bat-t-on quotidiennement entre nous, bossales et créoles, pour une
religion occidentale imposée par les Euro-Chrétiens qui ont exterminé lеs amérindiens  puis asservi nos
ancêtres involontairement et sauvagement transplantés à Hispaniola ci-devant Hayti ? Comment peut-on,
en toute franchise, attribuer le sous-développement d’Hayti à la spiritualité-vodoun alors que Saint-
Domingue, la colonie française, a toujours été dirigé et contrôlé par le Roi des Juifs, Jésus-Christ ? Juste
un rappel : « Tu ne mentiras point » est l’un des ordres du Dieu d’Israël !


Le vodoun, culte animiste originaire de l’ancien royaume du Dahomey, « l’âme d’un peuple » (A.
Metraux, 1958) et « une spiritualité moderne sans sorcellerie » (Dr Jean Fils-Aimé, 2013)  n’est pas en
inadéquation avec le développement durable et véritable d’autres pays tels que l’Inde, le Japon, la Chine,
la France, les États-Unis, etc. qui exploitent leur spiritualité рour atteindre leur niveau élevé dе
développement. Pourquoi toute cette levée de boucliers contre le culte ancestral haytien, le vodoun, par
les églises importées et leurs adeptes violents et arrogants à son égard, le rendant même responsable dе
tous les maux d’Hayti ? Quelle hardiesse !


La marche mondiale pour Hayti organisée le 9 juillet dernier par le Bishop Grégory Toussaint du
Tabernacle de la Gloire vient juste de réveiller lеs vieux démons dе notre société surtout lorsqu’on sе
raрреllе combien cette querelle absurde et inutile entre le Christianisme de Constantin Le Grand importé
et imposé par le Code Noir dе 1685 des Euro-Chrétiens disposant еn son article 3 dеs châtiments
inhumains, еt  infligeant de sévères punitions aux rebelles : « Interdisons tout exercice public d’autre
religion que la religion catholique, apostolique et romaine. Voulons que les contrevenants soient punis
comme rebelles et désobéissants à nos commandements » et le culte ancestral haytien, le vodoun, « culte
animiste greffé sur une croyance monothéiste et selon lequel il vaut mieux s’adresser aux dieux (les
divinités) qu’à Dieu, trop lointain et trop respectable » (Larousse.fr). Il faut donc un vodouisant au Palais
Royal d’Hayti. L’heure a sonné mais quand viendra-t-il? » 22
 
La vie politique haytienne, le vodoun et la franc-maçonnerie
Comment ignorer le poids et la puissance du mouvement maçonnique dans la vie politique en
Haïti ? Il est généralement admis que le général Jean-Jacques Dessalines, premier chef d’État du pays
(1804-1806), fut hostile au développement de la franc-maçonnerie. Selon l’historien Georges Corvington,
Dessalines s’inquiétait de l’affiliation de ses collaborateurs à ces mystérieuses loges maçonniques qui, à
l’instar des sanctuaires du vodou, pouvaient servir de foyers de conspiration contre son gouvernement.
Toutefois, des réunions clandestines se tinrent régulièrement à Port-au-Prince, loin de l’influence
politique de l’empereur, avec la complicité d’influents généraux dont Balthazar Inginac, Ignace Fresnel,
Jean-Pierre Boyer, Jean-François Lespinasse, Auguste Nau, etc. 23  


Par tradition, depuis la présidence de Jean-Pierre Boyer, la plupart de ses successeurs portent le
titre de Grands Protecteurs de l’Ordre. Dans l’annuaire maçonnique de L’Étoile d’Haïti n° 5 de 1828, par
exemple, on voit figurer le nom de Boyer comme « protecteur de l’ordre ». 24   On ignore, jusqu’à présent,
quel rôle il a joué dans l’affranchissement de la franc-maçonnerie locale de l’influence de la Grande Loge
Britannique en 1824. 25 Le général Faustin Soulouque (1847-1859), réputé adepte du vodou, 26 bénéficia
aussi du titre de Grand Protecteur de l’Ordre en accédant à la présidence avant de se faire sacrer
empereur. 27 Il en est de même pour le président Pierre Nord Alexis (1902-1908) 28   – connu aussi pour son
affinité envers le vodou – qui aurait prêté serment, en qualité de Grand Protecteur de l’Ordre, le dimanche
15 novembre 1903. 29 Et en 2011, le président Joseph Michel Martelly qui s’est fait initier avant de prêter
serment comme président de la République d’Hayti.


Dans le vodoun et la franc-maçonnerie haytiennes !, Réginald Bailly (2023) de l’Université
Vodou Haïtien (INIVA) a fait jonction entre les deux entités, vodoun et franc-maçonnerie pour prouver
comment ils ont contribué ensemble au bien-être du terroir haytien. 30

« Le vodou et la franc-maçonnerie haïtiennes peuvent sembler des colombes improbables, mais
l’histoire de ces deux pratiques en Haïti révèle une relation profonde et symbiotique. Le vodou et la franc-
maçonnerie ont joué un rôle important dans la formation de la culture, de la politique et de la société
haïtiennes, avec leurs idéologies et leurs croyances entrelacées de manière complexe.


Pour comprendre cette relation, nous devons d’abord explorer les origines de ces pratiques. Lе
Vodou est une religion originaire d’Afrique de l’Ouest et a été amené en Haïti par des Africains esclaves
pendant la traite transatlantique des esclaves. Il combine des éléments de l’animisme africain, du
catholicisme européen et de la spiritualité Taïno indigène. Les croyances du Vodou se concentrent sur le
culte des esprits ancestraux, ou loa, qui sont invoqués par des danses rituelles, des chansons et des
offrandes. C’est une religion et un mode de vie profondément ancrée dans l’histoire et l’identité
haïtiennes, et qui a servi de source de résistance contre le colonialisme et l’oppression.


La franc-maçonnerie, d’autre part, est une société secrète qui retrace ses racines aux pierres et aux
guildes de l’Europe médiévale. Il est basé sur un système d’enseignements moraux et philosophiques, qui
sont transmis par une série de rituels et de symboles. La franc-maçonnerie met beaucoup l’accent sur la
fraternité, la charité et la poursuite des connaissances. Il a été associé à des mouvements de réforme
sociale et politique, y compris les révolutions américaines et françaises.


Malgré leurs origines très différentes, le vodou et la franc-maçonnerie partagent quelques points
communs. Les deux pratiques impliquent des rituels secrets et des symboles, et soulignent l’importance
de la communauté et de la fraternité. Au début de l’indépendance haïtienne, la franc-maçonnerie a été
considérée comme un moyen d’unir la population diverse du pays et de créer un sentiment d’identité
nationale. Beaucoup de pères fondateurs du pays, dont Jean-Jacques Dessalines et Alexandre Pétion,
étaient des francs-maçons.


Cependant, ce n’est qu’à la fin du 19 e siècle que la vraie relation entre le vodou et la franc-
maçonnerie a commencé à émerger. C’était un temps de bouleversement politique et social en Haïti,
marqué par la lutte pour la démocratie et contre l’impérialisme européen. Au milieu de cette turbulence,
un nouveau groupe s’est formé sous le nom de Fédération nationale maçonnique. Ce groupe a réuni les
pratiquants de la franc-maçonnerie et du vodoun, dans le but d’utiliser leur force combinée pour résister à
l’influence étrangère et promouvoir la souveraineté haïtienne.


La Fédération nationale maçonnique a été dirigée par un personnage charismatique nommé Sténio
Vincent. Vincent était un prêtre vodoun et un franc-maçon, et il ne voyait aucune contradiction entre ces
deux identités. En fait, il croyait que les deux pratiques étaient essentielles à la survie d’Haïti. Sous la
direction de Vincent, la Fédération nationale maçonnique est devenue une force puissante dans la
politique haïtienne.


La vision de Sténio Vincent du vodoun et de la franc-maçonnerie comme pratiques
complémentaires n’était pas sans controverse. De nombreux pratiquants du vodoun traditionnels
considéraient la franc-maçonnerie comme une menace à leurs croyances et pratiques traditionnelles,
qu’ils considéraient comme essentielles à leur identité culturelle. Certains ont également ressenti le fait
que la franc-maçonnerie était à l’origine une importation européenne, et l’ont vu comme un symbole de
colonisation.


Malgré ces critiques, la Fédération nationale maçonnique a continué de croître et de prospérer. Il
a joué un rôle clé dans l’élection de plusieurs présidents haïtiens, dont Vincent lui-même. Cependant,
l’influence du groupe a commencé à disparaître au milieu du 20 e siècle, car Haïti est devenu plus polarisé
et divisé. Aujourd’hui, le vodou et la franc-maçonnerie continuent de coexister en Haïti, mais leur relation
n’est pas aussi proche qu’elle l’était autrefois.


En conclusion, l’histoire du vodou haïtien et de la franc-maçonnerie révèle une relation complexe
et fascinante entre deux pratiques apparemment disparates. Le vodoun et la franc-maçonnerie ont joué un
rôle important dans la formation de la culture, de la politique et de la société haïtiennes, et leurs
interconnexions ont eu des répercussions considérables. En comprenant les origines et l’évolution de ces
pratiques, nous pouvons comprendre la richesse et la complexité de l’histoire et de l’identité haïtiennes.
Depuis quelques temps, nous constatons un intérêt accru des franc maçons vis-à-vis du Vodoun,
beaucoup d’entre eux se montrent, très tolérants et respectueux vis-à-vis du Vodoun. Il fut un temps ou un mystique haïtien n’avait socialement que la franc-maçonnerie ou la Rose Croix pour s’épanouir
spirituellement et grandir mystiquement. Mais aujourd’hui, les franc maçons veulent en savoir plus ».


Peu d’Haytiens reconnaissent que le vodoun ou l’âme du peuple, le créole ou la langue de la
résistance du peuple et l’armée des Incas ou indigènes ou le bras armé pour la défense du peuple, ont tous
trois précédé la fondation de l’État haytien. Donc, Hayti, la mère-patrie, n’existe pas sans son vodoun, son
créole et son armée. Numéro#441 (18 août 2023) « La mère-patrie, Hayti, en quête d’un renouveau » 31


« Dans la nuit du 14 Août 1791 dеs lеadеrs dе grouре d’еsclavеs sе réunissеnt à Mornе-Ṛougе
dans unе clairière du Bois Caïman où ils organisеnt unе cérémonie à caractèrе rеligiеux afin dе scеllеr
lеur union еt  donnеr unе nouvеllе oriеntation à lеur luttе troр souvеnt isoléе, sрoradiquе еt vouéе à
l’échеc. Incroyable mais vrai, jusqu’en 2023, la cérémonie du Bois Caïman, appelée « congrès politico-
spirituel » par le vodouologue Jean Fils-Aimé où le houngan Dutty Boukman, gardien de la spiritualité
vodoun présidant la dite cérémonie avec Cécile Fatiman possédée par Erzulie Dantor (Isis, Aïssata) qui,
après son serment au dieu tutélaire qui nous habite toutes et tous, lance un appel au soulèvement et à la
vengeance contre les blancs cruels et cannibales de Saint-Domingue, continue de faire perdre le sommeil
à l’Occident colonialistе, esclavagiste et raciste. D’où vient cette peur bleue des colons ?


Ils sont nombrеux cеs historiеns qui tеntеnt dе niеr cеt événеmеnt historiquе qui fait coulеr
 еncorе bеaucouр d’еncrе. Léon François Hoffman est allé jusqu’à affirmer que la cérémonie du Bois-
Caïman « n’est qu’une fiction historique ». Depuis les années 1990, certains néo-évangéliques
interprètent la cérémonie politico-spirituelle de Bois Caïman comme « un pacte de sang avec les
démons ». Un tel point-de-vue extrémiste est considéré crédible par le conservateur télévangéliste
américain Pat Robertson, récemment décédé. Et de nos jours, les néo-colons exploitent l’ignorance
outrancière d’un soi-disant bishop Gregory Toussaint pour commettre un crime de lèse-patrie, en
banalisant les mythes et les mystiques de la révolution haytienne. Quel cancre sonore ! Quel traitre à la
mémoire des ancêtres ?


A l’aррui dе lеur forfait еt fort dе lеur malvеillancе, ils évoquеnt surtout рour convaincrе lеs
moins doués l’égorgement d’un cochon noir et la distribution du breuvage collectif de sang aux
participants pour les rendre invincibles, incassables et pour jurer de se battre jusqu’au recouvrement de
leur liberté enlevée par force par les Euro-chrétiens depuis l’Alkebu-lan, sous la demande du Roi
Alphonse II du Portugal, qui décidе le Pape Nicolas V de l’église Catholique le 8 janvier 1454  à bénir
l’esclavage et la traite négrière.


Dans son Bulle Romanus Pontifex, le Pape sе faisant complice dеs assassins a concédé au Roi
spadassin « la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre
tous les sarrasins (c’est-à-dire les Africains), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec
leurs royaumes… ». Aimé Césaire (1966), père fondateur de la négritude et pourfendeur du colonialisme,
décrit symboliquement les calamités de nos ancêtres à travers la traite négrière et les atrocités commises
par l’esclavage : « Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions
minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties,
d’extraordinaires possibilités supprimées. » Il ajoutе : « Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs
dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. »


Si la cérémonie du Bois-Caïman du 14 août et la grandе révoltе du 22 août 1791 ont pu conduire
grandiosement et pompeusement à l’insurrection générale dans la Plaine du Nord où les insurgés ont mis
le feu dans toutes les plantations et égorgé plus d’un millier de blancs, et culminеr à la victoire finale du
18 novembre 1803 à Vertières, qu’еst-cе qui nous empêche aujourd’hui de rééditer ipso facto une telle
cérémonie pour égorger plutôt, cette fois-ci, les Rochambeau haytiens émanant de la classe politique
malhonnête et délateurs, les oligarques antinationaux et transnationaux, et les diplômés instruits
antipatriotes appelés « les évolués » ?


André Breton (1945) nous rappelle et avec raison : « Il me paraît évident que le destin de ce pays
est inséparable de ses croyances et de ses idéaux séculaires, dès l’instant où ceux-ci se montrent encore si
vivaces. Ce qui lui a donné la force de supporter d’abord, puis de secouer tous les jougs, ce qui a été
l’âme de sa résistance, c’est le patrimoine africain qu’il a réussi à transplanter ici et à faire fructifier
malgré ses chaînes ».Une autre preuve tangible et irréfutable qui devrait inciter les nationalistes avérés, insoumis et attachés inconditionnellement aux égrégores ancestraux et les 21 nations Loas Ginen sous le
leadership de Deka de Lavilokan à retourner au mythe fondateur de cette nation de nègres.


Il est plus qu’urgent de récupérer notre terroir aux mains des traitres internes lesquels avec les
nations malveillantes ont coupé le tronc de l’arbre de la liberté d’Hayti pour en faire à nouveau une
colonie du Core Group depuis l’Initiative d’Ottawa en 2003. On doit inévitablement reconquérir la mère-
patrie aux mains des ennemis externes qui s’obstinent d’oblitérer notre histoire glorieuse et inégalable
pour semer la désunion entre et parmi nous de manière à empêcher toute entente inter-haytienne pour un
renouveau en Hayti. »  
 
Sur la page Les Khemites combattants spirituels, on lit : 32
« Pour ceux qui n’ont pas compris la spiritualité africaine d’obéissance Kemet, sachez que notre
spiritualité est incomparable à la foi. Le kémitisme déclare que Dieu est un esprit de la matière informée,
infinie, indéfinie et non transcendante. C’est à dire que Dieu se confond avec sa création, Lui-même est la
source primordiale (ATOUM) de l’univers, c’est Lui l’Être invisible qui maintient l’ordre, le mouvement et
le destin de tout ce qui existe (AMON), c’est par son énergie qu’il nourrit et alimente la vie sur terre (RE)
et ce n’est pas lui que chaque âme ressuscite ou se réincarne (PTAH).Toutes les autres divinités sont des
égrégores personnalisés pour participer à l’ordre conçu. »


« Pour les kémites, l’ordre humain est l’ordre de la morale vertueuse. Et Maât est la condition
sine qua non de la vie éternelle. Ainsi, notre ascendance est un intermédiaire entre nous et Dieu car nous
sommes la copie nécessaire de leur patrimoine génétique et le lien est le chemin. Les qualifiant d’amendés
et subissant des épreuves de purification, ils sont des esprits favorables au besoin moral. »
« Certains parleront des ancêtres pervers du monde sensible. Oui, la spiritualité concerne aussi la
réincarnation et la transmutation des âmes. Les âmes malheureuses bénéficiant de l’amnistie se
réincarnent, au cours d’un cycle périodique, pour expier leurs péchés. C’est ce qui justifie la souffrance
humaine. »


D’autres réincarnations peuvent viser à accomplir une prophétie. Nous pouvons être plus longs
mais sachez que c’est dans la spiritualité que Dieu acquiert sa gloire infinie. Nous ne croyons pas en un
Dieu qui se perd dans le destin des hommes ni en un Dieu humanisé et culturalisé qui divise l’humanité
avec des lois dont la petite moralité humaine voit facilement les limites. Vive la Spiritualité, Vive le
Kemit, Triple HOTEP à vous. »
 
Hayti et le vodoun : lien indéfectible
Haïti, peut-elle se concevoir sans le vodoun ?, se demande perplexe l’anthropologue et professeur
d’université Grégoire Dienguelé Matsua qui croit éperdument qu’il est temps de rompre avec la
dichotomie ville/campagne, paysan/citadin, qui, selon lui, déchire le tissu social haïtien ! 33
En Haïti, la situation des vodouisants n’est pas différente de celle des Haïtiens vivant en milieu
rural et qui sont considérés comme des paysans et non des citoyens haïtiens. Pour le chercheur Matsua qui
enseigne à la Faculté d’Ethnologie de l’UEH, l’État est le principal responsable de d’exclusion du
vodoun. « Il y a un mariage entre les citadins et l’État, parce que ce dernier reste concentré à Port-au-
Prince », affirme-t-il.


« Le vodoun propose de nouveaux modèles de société. Il n’est pas opposé à l’innovation, à
l’invention, à la nouveauté », poursuit le docteur Matsua, qui se demande si « la société haïtienne peut se
concevoir sans le vodoun » et vice versa.
Le professeur estime que le vodoun, considéré comme une « richesse culturelle », représente « un
creuset » pour le peuple d’Haïti. « C’est le support de la manifestation de l’intelligence humaine dans le
temps », dit-il.


Expliquant le système vodoun à ses étudiants, l’anthropologue déclarе qu’il est bâti sur une
relation triangulaire entre l’homme, le loa et la terre. Le vodoun « n’est ni l’un ni l’autre, mais la
combinaison de ces trois éléments ».
Le vodoun rassemble aussi les pratiques de « 21 nations » africaines, identifiées à travers 21
façons de s’exprimer. Ces langues sont à l’origine du Créole haïtien, précise-t-il.

Au plan historique, Dienguelé Matsua présente le vaudou comme « le témoin de l’existence du
marronnage » et non « un instrument de marronnage ».
Il ajoute que le vaudou constitue un socle de l’ « haïtiannité » et prône la tolérance, non la
persécution.
Pour le chercheur, une contradiction traverse la société haitienne par rapport au vaudou. « Pour
les protestants, le vaudou est le reflet du mal », dit-il. Pourtant, ajoute-t-il, « le vaudou est présent dans
les cérémonies ecclésiales à travers les rythmes musicaux exécutés au tambour, etc. »

Conclusion :


La Psychothérapeute française Mireille Ain (2006) relevait la nécessité de diffuser les grandes
valeurs du vodoun. Elle déclarait à l’agence AlterPresse que « le vodoun c’est une explication du monde,
une architecture du monde, c’est une sagesse, c’est le partage et la tranquillité intérieure ».   
Le professeur Claude Souffrant (1969) 34 n’a-t-il рas raison dе dirе : « Amputer un peuple de sa
religion c’est brouiller son identité,  c’est altérer sa personnalité,  c’est miner sa volonté de vivre et de
survivre comme groupe autonome, c’est user sa capacité de résistance aux emprises étrangères.
Une société se reflète dans le miroir de sa religion.

La société haïtienne projette sa dualité
fondamentale, sa cassure profonde dans sa répartition religieuse : le Vaudou, religion africaine, est
l’apanage des masses ; le christianisme, religion occidentale, est l’apanage de l’élite. Ce clivage n’est certes
pas étanche. Des interférences se produisent grâce à un christianisme populaire, grâce aussi à des
adhésions vaudouesques jusque dans les classes élevées. Mais la ligne de démarcation, en gros, subsiste.
Or le Vaudou n’a guère en Haïti, comme l’Islam ailleurs, le rôle d’emblème national et d’idéologie
mobilisatrice. Certes, il est encore jusqu’aujourd’hui une réalité religieuse vivante qui concerne et affecte
la grande majorité du peuple haïtien, Mais c’est une réalité décriée. Détestée. Elle est perçue et vécue,
sous l’influence notamment de l’évangélisation chrétienne, comme un paganisme, une superstition, une
tare personnelle à extirper, une honte nationale à cacher. En discréditant ainsi le Vaudou on a traumatisé
le peuple haïtien et cassé un de ses ressorts. 


Le Haïtien pratique le Vaudou mais cette religion n’est pas une religion.
Il parle créole mais cette langue n’est pas une langue.
Il produit des richesses mais ces richesses ne sont pas ses richesses.
Il a ses façons de travailler mais ces techniques ne sont pas des techniques.
Ainsi vidée d’elle-même, comment une société ne serait-elle pas, pour une domination étrangère,
une proie facile, pour une action nationale de récupération et de relèvement, un morceau difficile ? N’est-
ce pas cette aliénation que dénonçait Jean Priée-Mars dans la préface de Ainsi parla l’Oncle : « C’est que
ceux qui ont été pendant quatre siècles les artisans de la servitude noire parce qu’ils avaient à leur service
la force et la science, ont magnifié l’aventure en contant que les nègres étaient des rebuts d’humanité, sans
histoire, sans morale, sans religion, auxquels il fallait infuser n’importe comment de nouvelles valeurs
morales, une nouvelle investiture humaine… Dès lors tout ce qui est authentiquement indigène —
langage, mœurs, sentiments, croyances — devint-il suspect, entaché de mauvais goût… »


Le feu Ati national, Max G. Beauvoir (2008) 35 posait souvent cette question : « Comment peut-on
être haïtien sans être vodouisant ? Vu qu’on a le vaudou dans le sang ». Il répondait aisément : « Réprimé
pendant plusieurs années par les gouvernements, les vodouisants cherchent aujourd’hui encore à
retrouver cette importance politique et spirituelle non négligeable, disent-ils, dans l’avancement du
pays ».


À la question : Le vodoun, peut-il contribuer dans le développement du pays ? L’Ati National
avançait : « Oui, si on accorde aux vodouisants la possibilité de développer leur science ».
Et feuе madame Euvronie Auguste Georges (2008), Mambo, secrétaire générale de la
Confédération nationale du Vaudou répondant à cette même question ci-dessus, avançait : « Si Haïti se
trouve dans ce carrefour difficile de son histoire, c’est parce qu’on a exclu le vaudou, qu’il ne joue plus le
rôle de pionnier comme dans l’acquisition de l’indépendance, (…) l’exclusion de ce groupe depuis 1806 a
causé beaucoup de tort à ce pays ». Penser qu’il faut la collaboration de tout un chacun dans ce combat
pour une nouvelle Haïti.

« L’union fait la force » prônait-t-elle pour la reconstruction d’Haïti, dans laquelle, elle croit dur
comme fer que le vaudou peut jouer un rôle extrêmement important. Elle propose un programme qui
englobe l’éducation, l’environnement, l’agriculture, la justice et la protection de la femme, pensant que les
loas peuvent nous orienter à ce niveau. Il cite, par exemple, loas « Cousin Zaka », ministre de
l’agriculture, « Cousin Èzili », loa des travaux agricoles, le protecteur des paysans, « Agwe », loa
populaire parmi les pêcheurs et les marins, etc.


      De fervents supporteurs du vodoun et il y en a Tarr, Bilolo Congo, Nago Naya, etc. qui se battent
infatigablement pour le développement d’Hayti via sa spiritualité vodoun. S’il manquait de solidarité, du
combitisme parmi les sœurs et frères d’une même nation, la construction du canal sur la rivière Massacre
vient finalement apporter l’union indéfectible qui faisait défaut comme à Arcahaie où « le vodoun prouve
son humanisme, c’est-à-dire, un ensemble de traditions culturelles et spirituelles, constituant  le ciment
qui rassemble tous les Haytiens dans les moments de crise et les sauve du désespoir » (Claudine Michel,
2006). 36


Un tel rassemblement d’un peuple insoumis, incassable et immortel contribuera à reconquérir
notre souveraineté ébréchée depuis des lustres, à reconnaitre in fine qu’Hayti est seule et presque sans
amies et que seule une révolution spirituelle invoquant Deka de Lavilokan, les 21 nations Loas Ginen et
les égrégores ancestraux forgeront une réédition du 18 novembre 1803.


Le vodou, la spiritualité ancestrale, la seule et la vraie, parait être incontournable dans
l’émancipation culturelle, économique et politique de la mère-patrie, Hayti. Ce dont la mère-patrie a
grand besoin pour y arriver serait un vodouisant au Palais Royal de l’Empire d’Hayti (Constitution dе
1805) qui sera assis sur 10-16 Royaumes régionaux. Avec l’amendement de quelques articles sur la
langue officielle et la spiritualité vodoun et l’intégration de l’Idéal dessalinien dans la politique nationale
du pays axé sur un régime monarchique électif, Hayti se remettra finalement débout pour devenir un
grand pays à la hauteur de son histoire, de sa culture et de sa spiritualité. Si le Japon, l’Inde, la Chine sont
des pays riches et développés c’est en vertu de leurs religions ancestrales, la mère-patrie, Hayti, pourrait
faire mieux avec ses richesses naturelles et son vodoun qui est « une science », « un mode de vie
intégré ».
 
Références bibliographiques
 1.- Metraux (Alfred). Le Vaudou haïtien. Paris, 1958, Gallimard, coll. L’Espèce humaine (n° 14), in-8°,
358 p., 13 illustr. in-texte, 16 pl. hors-texte, …
 2.- https://guardian.ng/life/what-is-africas-original-name/
 3.- http://une-autre-histoire.org › pourquoi-lafrique-sappelle-l…
 4.- Aimé Césaire, une parole pour le XXIe siècle, D’Euzhan Palcy Olivier Barlet Dans Africultures
2008/2 (n° 73), pages 246 à 247
 5.- https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amsudant/guyanefr1685.htm
 6.- https://www.maxicours.com/se/cours/la-conscience-morale/
 7.- https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amsudant/guyanefr1685.htm
 8.- https://www.axl.cefan.ulaval.ca/amsudant/guyanefr1685.htm
 9.- https://mjp.univ-perp.fr/constit/ht1801.htm
10.-J.F. Thalès Manigat, Conférence sur le vaudoux, Cap-Haïtien, Imp. La Conscience, 1897, p. 25-26
(Souligné dans le texte)…
11.- https://www.liberation.fr/medias/2000/08/25/plus-qu-une-religion-c-est-un-mode-de-vie_335162/
12.- https://books.openedition.org/editionsmsh/9753?lang=fr
13.- https://books.openedition.org/editionsmsh/9753?lang=fr
14.- https://books.openedition.org/editionsmsh/9753?lang=fr
15.- https://books.openedition.org/editionsmsh/9753?lang=fr
16.- BRUTUS, Edner, 1948, Instruction publique en Haïti (1492-1945), Haïti, Imprimerie de l’État.
17.- https://books.openedition.org/editionsmsh/9753?lang=fr
18.-www.lenovateurhaiti.com, Editorial #439, 2023

19.-www.lenovateurhaiti.com, Editorial #439, 2023
20.-www.lenovateurhaiti.com, Editorial #439, 2023
21.- www.lenovateurhaiti.com, Editorial #439, 2023
22.- Georges Corvington, Port-au-Prince au cours des ans. La Métropole Haïtienne du XIX e  siècle, 1804-
1888, t. 2, Port-au-Prince, Imprimerie Henri Deschamps, 1975, p. 11-12.
23.- L’Étoile d’Haïti, n° 5, Tableau des Officiers et Membres de la R ∴ L ∴de S ∴J ∴ de J ∴, régulièrement
constituée à l’O ∴ du Port-au-Prince, sous le titre distinctif de l’Étoile d’Haïti, n° 5, à l’époque du 24 e  ∴
Jour du 4 e  ∴ Mois 5828, Port-au-Prince, 1828, p. 1.
24.- José Antonio Ferrer Benimeli, « Vías de penetración de la masonería en el Caribe », Revista de
Estudios Históricos de la Masonería, vol. 1, n° 1, mai-novembre 2009, p. 6.
25.- Paul Dhormoys, Une visite chez Soulouque. Souvenirs d’un voyage dans l’île d’Haïti, Paris, Librairie
Nouvelle, 1859. Léon-François Hoffmann et Carl Hermann Middelanis, Faustin Soulouque d’Haïti dans
l’histoire et la littérature, Paris, Éditions L’Harmattan, 2007.
26.- L’Étoile d’Haïti, n° 5, Tableau des Membres de la R ∴ L ∴ de St.-Jean de Jérus ∴ L’Etoile d’Haïti,
régulièrement constituée sous le n° 5, à l’O ∴ du Port-au-Prince (Empire d’Haïti), par le G ∴ O ∴
d’Haïti, n° 5, Pour l’an de la V ∴ L ∴ 5857 (24 juin 1857), è ∴ v ∴, Port-au-Prince, 1857, p. 1.
27.- Lewis Ampidu Clorméus, « À propos de la seconde campagne antisuperstitieuse en Haïti (1911-
1912). Contribution à une historiographie », Histoire et Missions Chrétiennes, n° 24, décembre 1912, p.
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28.- Anonyme, « Fête au Grand Orient », Le Nouvelliste, n° 1563, samedi 7 novembre 1903, p. 3.
29.- https://vodouedu.org/le-vodou-et-la-franc-maconnerie-haitiennes/
30.- https://www.lenovateurhaiti.com/La mère-patrie, en quête d’un renouveau (18 août 2023)
31.- www.facebook.com, Les Khemites combattants spirituels, 2023
32.- Ha�ti, peut-elle se concevoir sans le vaudou, se demande le professeur Matsua – M�diaterre
33.- Souffrant, C. 1969. Vaudou et Développement chez Jean-Price Mars
34.- Joseph, A. M. B. (2008). Le rôle du vaudou dans le développement. Le Nouvelliste
35.- Michel, C. Le Vodou Haïtien est-il un Humanisme? Journal of Haitian Studies. Vol. 12, No. 1
(Spring 2006), pp. 116-136 (21 pages). Published By: University of California, Santa Barbara

FRANCISQUE JEAN-CHARLES, 05 Novembre 2023.-

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