Basseterre, 8 janvier 2026.-
Le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Terrance Drew, a confirmé que la fédération a signé un protocole d’accord avec les États-Unis pour accueillir un nombre très limité de ressortissants de pays tiers issus de la CARICOM. Mais un point attire l’attention c’est que Haïti est exclu du dispositif, une décision qui semble-t-il est motivée par des préoccupations sécuritaires.
« Cet accord est volontaire, ciblé et fondé sur la sécurité », a expliqué Drew lors d’une rencontre avec la presse à Basseterre. Selon lui, il s’agit d’un geste de responsabilité régionale, mais encadré par des critères stricts. Chaque cas sera examiné individuellement, et la fédération conserve un droit de refus total. Les États-Unis, pour leur part, prendront en charge tous les coûts liés au transport et à l’accueil.
Pourquoi Haïti est exclu ?
La réponse tient en un mot : instabilité. Haïti traverse une crise sans précédent. Les gangs contrôlent une grande partie de Port-au-Prince, les violences armées et les kidnappings se multiplient, et l’État peine à rétablir l’ordre. Cette situation a conduit Washington à mettre fin au Temporary Protected Status (TPS), qui protégeait des centaines de milliers d’Haïtiens aux États-Unis. L’expiration du programme est prévue pour le 3 février 2026, malgré les appels à prolonger cette protection.
« Nous devons agir avec prudence », a insisté Drew, precisant que la sécurité nationale est une priorité, et nous ne pouvons pas prendre de risques dans un contexte aussi fragile.
Ce protocole ne concerne qu’un « très petit nombre » de personnes, essentiellement des ressortissants de la CARICOM qui ne peuvent retourner dans leur pays d’origine pour des raisons exceptionnelles. Antigua-et-Barbuda et Dominica ont déjà signé des accords similaires. Pour Saint-Kitts-et-Nevis, il s’agit d’un équilibre délicat : rester fidèle aux principes de solidarité régionale tout en protégeant ses frontières.
L’initiative suscite des réactions contrastées. Certains saluent un geste humanitaire et une coopération renforcée avec Washington. D’autres s’interrogent : ces petits États ont-ils les moyens d’assumer de telles responsabilités sans fragiliser leurs propres systèmes sociaux ? Pour Drew, la réponse est claire : « Nous faisons notre part, mais dans des limites raisonnables. »








