Comme dit l’adage, il est toujours élégant de parler de plumes vendues, de vérités froissées et d’anatomie d’un verbe administratif sans courage… surtout quand la vérité, elle, vous heurte de plein fouet et en plein visage. Car enfin, il existe bel et bien une défenseure rare et zélée mais parfaitement bien nourrie, cette fonctionnaire consulaire indignée par la critique, mais soigneusement aveugle à la réalité qu’elle administre ou plutôt qu’elle prétend administrer dans la communauté haïtienne à Montréal.
Au Consulat Général d’Haïti à Montréal, cette figure s’incarne avec un zèle particulier. On la reconnaît à son ton doctoral, à sa posture moralisatrice, à cette certitude tranquille et méprisante que toute parole critique est forcément intéressée, forcément aigrie, et forcément motivée par une quête de poste ou de privilèges.
Détrompez-vous Madame la professeure mal placée. Vous savez que vous mentez. Et nous savons que vous mentez.
Vous savez pertinnement, que nous ne sommes ni des chercheurs de privilèges ni des chasseurs de fauteuils capitonnés. Ce goût-là du confort doré, vous le pratiquez bien mieux que nous.
LA LOGIQUE DÉFENSIVE DU GÂTEAU
Dans cette rhétorique défensive parfaitement huilée, quiconque parle trop fort convoiterait forcément sa part du gâteau. Étrange aveu. Car cela signifie que, dans cet univers mental, tout s’achète, tout se place, tout se négocie, et que la seule motivation concevable serait l’accès à la mangeoire.
Peut-être est-ce ainsi que certains voient le monde. Mais ce n’est pas ainsi que tout le monde vit.
N’ayez aucune crainte et soyez tranquille, Madame la défenseure zélée, nous ne sommes ni en quête de postes ni en chasse de privilèges. Et rassurez-vous que cette plume n’est pas à vendre ni commandité par qui que ce soit. Elle ne l’a jamais été, et ne le sera jamais.
QUAND LE MÉPRIS SE PARE DE VERTU
Dans cet esprit climatisé où vous résidez, le peuple ne parle jamais par dignité. Il parle par frustration. Toujours. Curieuse, pour ne pas dire méprisante, conception du service public.
Installée loin du chaos vous commentez depuis Montréal, protégée par les immunités, les passeports diplomatiques, les bureaux chauffés et les salaires garantis, en votre qualité de notable administrative vous redécouvrez soudain l’amour d’Haïti au moment précis où votre efficacité est questionnée.
Alors, vous convoquez les grands mots rigueur, image du pays, responsabilité et diffamation.
Mais derrière votre incantation bien structurée
aucun résultat tangible, un accès au service exécrable, un irrespect manifeste des usagers,
et surtout, aucune reddition de comptes.
LE PEUPLE CRIE, L’ADMINISTRATION S’OFFUSQUE
Quand des citoyens haïtiens à l’étranger, notamment à Montréal hurlent leur colère, ce n’est pas par ambition malsaine. C’est parce qu’ils attendent depuis des mois. Ils paient pour un service qui n’arrive pas. Ils se heurtent à des guichets muets, à des employés absents, à des bureaux ouverts selon l’humeur, et fermés quand cela arrange, comme ce fut le cas au Consulat d’Haïti à Montréal, fermé du 24 décembre 2025 au 6 janvier 2026.
Mais pour vous Madame la notable offensée, le véritable problème n’est jamais le dysfonctionnement. C’est le ton. Le ton de celui qui ose nommer l’échec. Et cela dérange, parce que le fauteuil devient soudain moins stable.
Dans votre posture de moralisatrice vous agitez la menace judiciaire, vous invoquez l’étranger, vous pleurez l’image d’Haïti à l’international, tout en oubliant l’essentiel, la pire caricature d’un pays, c’est une administration qui mime le travail sans jamais le produire.
Ce qui salit une nation, ce n’est pas la critique. C’est l’impunité bureaucratique. C’est le silence organisé. Et surtout l’arrogance institutionnelle.
Vous savez que le problème n’est pas le pamphlétaire. Le vrai problème, c’est le miroir. Un miroir qui reflète des bureaux sans âme, des discours creux et vides, des défenses maladroites, et des privilèges honteusement confondus avec des mérites. Et quand le miroir parle, l’administration ne se réforme pas. Elle s’indigne.
Nous savons qu’on peut faire taire un texte. On peut intimider une plume. On peut invoquer la loi. Mais on ne poursuit pas indéfiniment la réalité.
Et un jour, tôt ou tard dans la nouvelle Haïti, le service public devra répondre, non aux critiques, mais aux citoyens. Ce jour-là, toutes les tribunes moralisatrices du monde ne vaudront pas un seul document délivré à temps au Consulat général d’Haïti à Montréal.
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
31 Décembre 2025








