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LEÇON D’ANATOMIE DIPLOMATIQUE DE JEAN HENRI CÉANT FACE AU CANADA : AUTOPSIE D’UNE LETTRE EN QUÊTE D’OXYGÈNE

L’ancien Premier ministre Jean-Henry CÉANT a sorti sa plus belle plume, son plus beau timbre et sa plus belle indignation pour adresser une lettre à l’ambassadeur du Canada en Haïti, Jean François GIROUX. Une lettre pleine de verve juridique, de dignité affichée, de protocole offensé et de frustration diplomatique compressée sous vide depuis novembre 2022.

Par Amos CINCIR

Le ton ? Une sorte de « Je suis outré, mais poli. Exaspéré, mais noble. Sanctionné, mais digne. » Et surtout :« Rendez-moi mon dossier, je veux comprendre pourquoi le Canada ne m’aime plus. »

La scène est presque théâtrale quand un ancien Premier ministre d’Haïti, juriste brillant, notaire à vie et figure politique connue, frappé de sanctions canadiennes, exige des preuves. Une exigence. Trois ans de silence. Et voilà que l’ambassadeur du Canada, plutôt que de pousser le dossier dans les mains de la ministre canadienne des Affaires étrangères, se contente d’un lien Internet comme réponse. Un lien Internet.

Pour un ancien Chef de gouvernement de l’administration du PHTK sous Jovenel MOÏSE, c’est un sacrilège diplomatique. D’où la lettre-épée, lettre-marteau, lettre-protestation et lettre-dignité blessée. Mais sous la surface, qu’est-ce qu’on observe vraiment ? Jean-Henry CÉANT face au Canada avec un passé politique douteux cherche un siège dans la salle d’attente de l’Histoire.

L’INDIGNATION DU TITRE : « JE SUIS ANCIEN PREMIER MINISTRE »

La lettre respire l’autorité. Elle transpire le protocole. Elle exige le respect. On y lit presque entre les lignes :« On ne parle pas à Jean-Henry CÉANT comme on parle à n’importe quel citoyen ordinaire haïtien. » Sauf que… Dans le Canada des sanctions, être ancien Premier ministre ne garantit rien. Dans l’arène géopolitique, les titres sont des décorations périmées. Le Canada répond comme Google répond. « Voici un lien. »

LE DÉSIR D’EXISTER POLITIQUEMENT

Derrière le vernis protocolaire, il y a une réalité impossible à ignorer en se rappelant que Jean-Henry CÉANT est un homme politique, sanctionné, cherchant à récupérer son image. La lettre n’est pas un simple courrier.

C’est un retour sur scène. Un acte public. Un calcul médiatique. Une vitrification historique. « Si Ottawa ne me répond pas, Haïti me lira. » Céant ne parle pas seulement au Canada. Il parle au public, aux militants, aux caméras, aux internautes, aux historiens futurs, aux électeurs potentiels et à la postérité qui tarde.

LE CANADA : TROP FROID POUR LE PATHOS

Le Canada, lui, ne répond pas avec émotion, reconnaissance ou gratitude pour services rendus.
Non. Le Canada répond avec un lien Internet. Ce silence glacial + bureaucratie digitale = gifle diplomatique moderne. Et Céant hurle dans son texte :« Je mérite plus qu’un lien ! »

LA SANCTION : CETTE OMBRE QUI DÉVORE

Il est sanctionné officiellement depuis trois ans, sans aucune explication, sans preuve reçue et sans dossier communiqué. Et la lettre frappe du poing : « Si vous m’accusez, prouvez-le. » Juste là, Céant touche un point fondamental qui est le droit, la transparence et l’État de droit.

Mais l’ironie est violente quand un ancien Premier ministre haïtien invoquant la transparence d’un pays étranger, alors qu’en Haïti, la culture politique fonctionne sans archives, sans comptes, sans bilans et sans mémoires. On assiste à un saga diplomatique ou une satire historique.

LE PUBLIC RÉAGIT : ENTRE RIRE, MÉPRIS ET DÉSOLATION

Pendant que Jean Henri CÉANT brandit les principes juridiques, le peuple commente :« Yo bezwen tounen nan pouvwa»; « Y ap kouri dèyè viza »; « Blan pa bezwen nou»; « Sa yo pa janm kite peyi a viv. »; « Sanksyon se passe w pou w pran pòz viktim. »

Le contraste est brutal.D’un côté, une lettre est d’un raffinement institutionnel. De l’autre côté, elle présente une réalité sociale affamée, épuisée et incrédule.

La correspondance de Jean-Henry CÉANT est brillante par la forme, vibrante d’indignation maîtrisée, méthodiquement construite, politiquement stratégique, rhétoriquement impeccable et juridiquement audacieuse.

Mais elle révèle aussi une nostalgie du pouvoir, une quête de légitimité, une bataille contre l’oubli, un besoin urgent de justification, et peut-être, le symptôme le plus grave d’une élite politique sanctionnée cherchant la réhabilitation auprès de puissances étrangères avant d’être réhabilitée par son propre peuple.

Le dernier clou ? C’est que l’histoire retiendra peut-être ceci :«Un ancien Premier ministre d’Haïti demande au Canada ce que le peuple haïtien demande depuis trente ans à sa classe dirigeante. Il s’agit de la vérité.» Et, il reçoit la même réponse. Un lien Internet de Google.

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
19 Décembre 2025

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