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HAÏTI SOUS CLÉ, WASHINGTON AU LEVIER : COMMENT L’EMPIRE DU VISA A MIS 75 PAYS DU MONDE EN LIBERTÉ CONDITIONNELLE

Le mercredi 21 Janvier 2026, Washington ne gêlera pas simplement des formulaires, il a déjà pris la décision de suspendre le traitement des visas provenant de 75 pays du monde pour une durée indéterminée, redessinant la géographie morale du monde. D’un geste consulaire présenté comme « technique », les États-Unis d’Amérique ont transformé le guichet en une arme diplomatique, envoyant un message limpide et clair décidant que la circulation humaine est désormais une variable d’ajustement stratégique. Certains passent, d’autres patientent, et beaucoup restent assignés à résidence globale. Bienvenue dans la diplomatie américaine par la file d’attente, froide, méthodique et impitoyable.

Amos CINCIR

Au cœur de cette mise en quarantaine sélective, Haïti n’est pas une exception, mais un cas d’école La première Nation noire libre et indépendante du monde en 1804 est sanctionné pour son chaos. Ce petit volcan de la Caraïbe l’est surtout pour sa faible utilité géopolitique et diplomatique. Prenons le cas de sa pauvreté chronique structurelle et bien orchestrée qui est devenue un facteur aggravant, sans oublier l’instabilité politique parfaite agencée par des dirigeants corrompus et sans colonne vertébrale qui devient une faute, et son histoire un détail à ignorer.

Washington suspend les visas comme on ferme un robinet, sans jamais interroger les tuyaux de deux siècles d’ingérences, des dettes imposées et des tutelles déguisées orchestrées en Haïti par les Américains et leurs alliés, comme le Canada et la France. Ici, le visa n’est plus un document de voyage, mais plutôt un verdict politique, tranchant et sans appel.

La liste est longue, disparate et accablante, mettant en lice les ennemis déclarés, les alliés intermittents et les pays superflus. Elle révèle un ordre mondial qui trie moins par valeurs que par rendement stratégique. En Afrique, le coup de filet est massif mais calculé, car il frappe les États fragiles, postcoloniaux, démographiquement dynamiques et statistiquement gênants. Les pays absents ne sont ni les plus vertueux ni les plus « méritants ». Ce sont les plus rentables, les plus coopératifs ou les plus invisibles.

En Amérique latine et dans la Caraïbe, même logique où Cuba est puni pour son insoumission idéologique, Haïti pour sa misère structurelle, et les autres pays des îles caribéennes pour leur vulnérabilité. En Europe orientale, le visa devient sanction sans chars. En Asie, il se transforme en cliquet sécuritaire, outil froid de surveillance et de contrôle.

Washington invoque la sécurité, la fraude et les dépassements de séjour pour justifier un contrôle préventif des mobilités, l’externalisation des risques et la discipline globale. Les étudiants attendent, les familles se disloquent, les chercheurs reportent, tandis que la rhétorique des exceptions pour les diplomates, les acteurs de l’humanitaire et des « intérêts nationaux », rappelle une vérité pure et simple, l’exclusion est la règle, et l’accès est le privilège. Ce gel n’est ni temporaire ni neutre, mais surtout idéologique, traçant une frontière invisible où l’on coopère sans circuler et où l’on subit sans négocier.

Voici la liste intégrale des 75 pays concernés par cette mesure, une cartographie brute du monde jugé « à risque » : Afghanistan, Albanie, Algérie, Antigua-et-Barbuda, Arménie, Azerbaïdjan, Bahamas, Bangladesh, Barbade, Bélarus, Belize, Bhoutan, Bosnie, Brésil, Birmanie, Cambodge, Cameroun, Cap-Vert, Colombie, Côte d’Ivoire, Cuba, République démocratique du Congo, Dominique, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Fidji, Gambie, Géorgie, Ghana, Grenade, Guatemala, Guinée, Haïti, Iran, Irak, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kosovo, Koweït, Kirghizistan, Laos, Liban, Libéria, Libye, Macédoine, Moldavie, Mongolie, Monténégro, Maroc, Népal, Nicaragua, Nigéria, Pakistan, République du Congo, Russie, Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Syrie, Tanzanie, Thaïlande, Togo, Tunisie, Ouganda, Uruguay, Ouzbékistan, Yémen.

Ce panorama n’est pas un hasard. Il superpose le Sud global, les marges européennes et quelques pivots eurasiens. Les pays africains absents ne sont pas aimés, mais utiles ou discrets, à savoir l’Afrique du Sud, l’Angola, la Mozambique et le Madagascar. D’autres, pourtant instables, sont épargnés par un calcul froid. Le visa devient dorénavant une devise silencieuse de la diplomatie impériale. Washington récompense l’obéissance et punit l’excédent humain.

Par ricochet, Haïti cristallise toute l’hypocrisie du système. On lui reproche le chaos que l’on a contribué à créer, puis on lui ferme la porte au nom de la gestion des flux. La souveraineté est sacrée au Nord, inexistante au Sud. Le message est clair : le monde est ouvert, mais seulement pour ceux qui comptent.

Le moment est venu pour Haïti et les pays ciblés de ne plus subir. L’humiliation diplomatique des États-Unis n’est pas une fatalité. Ils doivent créer leurs propres corridors diplomatiques et économiques, bâtir des alliances Sud-Sud, instaurer des blocs régionaux assumés et surtout enseigner une leçon aux puissances occidentales leur montrant que le Sud global n’est pas un terrain de jeu pour sanctions arbitraires, mais un acteur stratégique capable d’exiger respect, souveraineté et justice.

En gelant ces 75 pays du monde, Washington ne protège pas seulement ses frontières, mais révèle sutout sa vision hiérarchisée, anxieuse et utilitariste de la diplomatie américaine. Le visa n’est plus un droit administratif, mais une arme douce, propre et efficace. Et les peuples concernés par cette mesure impériale doivent parfaitement comprendre aujourd’hui que la mobilité est désormais conditionnelle, et que l’universel devient une option payante.

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
15 Janvier 2026

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