À Madrid, en Espagne, du 21 au 25 Janvier 2026, plus de 255 000 visiteurs, venus de 161 pays, 10 000 entreprises, et des centaines de ministres, ambassadeurs et investisseurs du monde entier affluent à FITUR 2026, l’une des vitrines touristiques les plus influentes de la planète. Et au cœur de ce grand événement mondial, Haïti demeure le grand absent, ce pays à l’histoire vibrante et aux trésors touristiques inestimables, mais qui, une fois de plus, choisit le silence et l’inexistence sur la scène internationale. Pas de stand, pas de drapeau, pas de brochures. Pas même un représentant pour sauver les apparences. Rien. Ce fut le néant diplomatique.
Cette 46ᵉ édition de FITUR a généré plus de 505 millions d’euros pour Madrid, un tsunami d’opportunités, de rencontres stratégiques et de visibilité mondiale. Pendant ce temps, Haïti, avec ses atouts naturels, culturels et historiques, reste clouée au sol par sa propre gouvernance défaillante, incapable de saisir l’instant, de négocier, de s’affirmer comme destination crédible et ambitieuse. L’absence d’Haïti n’est pas un oubli. Maus une défaite, une faillite de vision et d’organisation.
Et où est l’Ambassadeur d’Haïti à Madrid, Dr Wooldy Edson LOUIDOR ? Où est l’Ambassade ? Où est la représentation officielle qui pourrait, au minimum, sauvegarder la dignité de l’État haïtien à l’international ? Ces questions restent sans réponse, et leur silence en dit long sur le désastre diplomatique et culturel que traverse Haïti.
En 2024, Haïti, se contentait d’une présence symbolique minimaliste, confiée à une simple entreprise venue du Cap-Haïtien. Une participation purement décorative, réduite à l’anecdote, qui annonçait déjà l’ampleur du problème.
Par contre, en Janvier 2025, le Ministre du Tourisme, John Herrick DESSOURCES, promettait triomphalement une « Nouvelle vision » pour le secteur touristique haïtien. Ses discours, relayés lors de rencontres intersectorielles à l’École Hôtelière d’Haïti, annonçaient un véritable plan de transformation avec un portefeuille d’investissement structuré, un parc national historique avec un comité de gestion dédié, un musée près de la Citadelle, un restaurant touristique de référence dans le Nord, des partenariats public-privé dans le secteur aéroportuaire, et 26 projets pilotés par le Centre de Facilitation d’Investissement (CFI).
John Herrick DESSOURCES avait promis également les Assises nationales sur l’investissement touristique, censées réunir les secteurs public et privé et créer un levier économique et culturel national. Ces promesses ambitieuses, qui auraient pu révolutionner le tourisme et la diplomatie culturelle haïtienne, sont aujourd’hui réduites à une lymphadénite de discours enflées, malades et incapables d’agir. Une rhétorique imposante, mais vide de substance et d’exécution. FITUR 2026 a montré l’écart entre la parole et l’action, entre la stratégie annoncée et la réalité sur le terrain présentant un pays invisible sur la carte mondiale de la diplomatie culturelle.
Il semble que le portefeuille stratégique du ministre est resté dans un tiroir imaginaire. Pire encore, selon plusieurs sources, un stand aurait été payé pour rester vide. Fantôme. Mausolée du ridicule administratif. Même pas une bouteille de rhum, un masque artisanal, ou une brochure pour sauver la face. Le vide, le silence et l’humiliation était visible. Pourtant, la République dominicaine vend son rêve, le Maroc structure ses territoires touristiques, le Rwanda construit sa marque. Alors qu’Haïti, elle, continue de croire que le tourisme est un folklore improvisé, un décor pour des discours creux, et non une science stratégique, ni un moteur économique et diplomatique.
Nous devons être clairs et honnêtes avec nous-mêmes, car maintenir un Ministère du Tourisme sans aucuns résultats probants et concrets dans les conditions actuelles du pays relève du gaspillage institutionnalisé, un luxe absurde pour un pays où l’urgence est ailleurs. Le tourisme n’est pas une prière ni un slogan, mais il obéit à des méthodes, des données pertinents et des professionnels compétents.
Les politiciens font de la politique et les techniciens font de la technique. L’inverse mène au chaos et à la dérision internationale, car Haïti n’est pas seulement Port-au-Prince. Un État visionnaire aurait profité de FITUR pour négocier, dupliquer, adapter, inventer d’autres pôles touristiques dans le au même titre que Labadie, ailleurs et autrement. Punta Cana, en République dominicaine, a commencé à zéro et a construit un empire touristique. Mais pour Haïti, le potentiel reste encore et toujours figé dans des promesses mortes et vides, incapables de franchir le seuil de la réalité.
À FITUR 2026, Haïti n’était pas absente par oubli, elle était absente par la faillite de gouvernance. Et le monde, lui, n’attend pas. Les opportunités se perdent, la visibilité s’éteint, et la diplomatie culturelle s’enlise dans le vide. Pendant que d’autres Nations du monde construisent leur image, leurs partenariats et leur rayonnement, Haïti persiste dans une invisibilité volontaire et coûteuse, démontrant que la parole, sans action, n’est qu’un monument à l’échec.
Dans ce désastre, il faut noter que nos politiciens sont au cœur d’une guerre de pouvoir entre le CPT de neuf membres et la Primature dirigée par Alix Didier FILS-AIME, sous le regard vigilant du Chargé d’Affaires américain, Henry T. WOOSTER, l’actuel patron et maitre d’Haïti.
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
27 Janvier 2026








