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HAÏTI FACE AU BÉNIN : DEUX MINISTÈRES DU TOURISME ET DE LA CULTURE, ZÉRO VISION, DEUX MINISTÈRES FANTÔMES.

Depuis novembre 2024, Haïti a officiellement installé, sous le gouvernement du Premier ministre Alix Didier FILS-AIMÉ, deux ministères censés porter son image, son âme et son attractivité. Il s’agit du Ministère du Tourisme, dirigé par John Herrick DESSOURCES, ancien cadre de l’administration publique et acteur institutionnel, et du Ministère de la Culture, confié à Patrick DELATOUR, ancien ministre du Tourisme et fin connaisseur des mécanismes institutionnels et diplomatiques de l’État.

Dans les faits, deux institutions fantômes et zéro vision. Sur le terrain, ces deux structures ressemblent davantage à des bureaux climatisés de communication creuse qu’à de véritables leviers de transformation nationale. Beaucoup de mots, peu d’actions concrètes et probantes. Une succession d’annonces sans aucune empreinte mesurable.

Le tourisme haïtien est gravement malade. Mais au lieu d’un traitement stratégique, on lui administre des conférences PowerPoint, des annonces floues, des projets vitrines sans une fondation solide, et des slogans sans routes, sans sécurité, sans de données concrètes et sans aucune vision territoriale.

Prenons l’exenple du ministre du Tourisme, John Herrick DESSOURCES, bien formé, mais très élégant, affable, bien peigné dans le costume du beau parleur institutionnel, enchaîne les déclarations sans résultats concrets et palpables, pendant que le secteur touristique haïtien, lui, agonise dans l’indifférence générale.

En Janvier 2025, John Herrick DESSOURCES avait publiquement promis pourtant, en trombe et avec emphase, une «Nouvelle vision» du tourisme haïtien. Il avait fait ces déclarations lors des rencontres intersectorielles, notamment à l’École Hôtelière d’Haïti, où il annonçait un plan ambitieux avec un portefeuille d’investissements structuré, un parc national historique avec un comité de gestion dédié, un musée près de la Citadelle Laferrière, un restaurant touristique de référence dans le département du Nord d’Haïti, sans oublier des partenariats public-privé dans le secteur aéroportuaire, et 26 projets pilotés par le Centre de Facilitation des Investissements (CFI).

Il promettait également les Assises nationales sur l’investissement touristique, censées fédérer yous lea acteurs publics et privés et faire du tourisme un levier économique et culturel majeur pour Haïti.

Un an plus tard, à quelques jours de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) des neufs corrompus et de la Primature dirigée par le révoqué Alix Didier FILS-AIMÉ, tout cela n’existe que dans les discours.

La vision annoncée par le ministre du Tourisme s’est transformée en une lymphadénite rhétorique calibrée par des paroles enflées, malades et incapables de produire le moindre effet concret. Une architecture verbale impressionnante, mais vide de substance, vide d’exécution et vide de résultats visibles.

Par ailleurs, la 46 édition de FITUR 2026, qui s’est tenue du mercredi 21 au dimanche 25 Janvier 2026 à Madrid en Espagne, a brutalement exposé l’écart entre la parole et l’action, entre la stratégie annoncée et la réalité, car Haïti était le grand absent et invisible sur la carte mondiale de la diplomatie culturelle et touristique. Ce grand évenement mondial, a réuni plus 255 000 visiteurs, 10 000 entreprises, des ambasadeurs et ministres venus de 161 pays du monde entier.

Certes, le ministre du Tourisme affirme avoir représenté Haïti à CARIFESTA en 2025 et évoque « d’autres projets ». Soit. Mais aucun projet structurant, aucun livrable vérifiable et aucun impact mesurable ne vient étayer ces affirmations.

À un autre niveau, la République dominicaine vend son rêve avec méthode, le Maroc structure ses territoires touristiques et le Rwanda construit patiemment sa marque. Par contre, Haïti, elle, continue de croire que le tourisme est un folklore improvisé, un décor pour discours creux, et non une science stratégique, ni un outil économique et diplomatique de puissance.

UN MINISTÈRE FOLKLORIQUE DE LA CULTURE

Quant au Ministère de la Culture, sous la responsabilité de Patrick DELATOUR, la Culture est reléguée au rang d’annexe folklorique, simple supplément d’âme pour cérémonies officielles sans aucun chantier structurant, ni de politique culturelle nationale, voire un programme sérieux de rayonnement international.

La culture haïtienne, pourtant l’une des plus puissantes du monde noi, est laissée sans boussole, sans projection et sans une diplomatie culturelle solide et sérieuse. Toutefois, nous avons deux ministères, deux budgets et deux cabinets avec zéro résultat et d’impact tangible.

BÉNIN : LE CONTRE-EXEMPLE QUI FAIT MAL

Au Bénin, un seul ministère orchestre le Tourisme et la Culture, il sagit du Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, porté par une vision claire, centralisée et assumée, avec une stratégie nationale cohérente, des sites culturels réhabilités, une diplomatie mémorielle offensive et un tourisme pensé comme levier économique, identitaire et géopolitique.

Plus loin, le Bénin ne bavarde pas, les autorités gouvernementalea structurent et ne multiplientpas les ministères. Elles concentrent la vision et ne confondent pas folklore et culture, tout en investissant dans le sens, la mémoire et l’impact.

HAÏTI : L’ART DE MULTIPLIER LES TITRES ET DE RÉDUIRE L’IMPACT

Haïti préfère des ministères éclatés, des responsables sans feuille de route lisible, une gouvernance de façade et une communication qui remplace l’action. On parle de Tourisme sans sécurité, ni de Culture sans politique culturelle. Et
On parle de rayonnement d’un secteur sans un État stratège.

Soyons clairs et honnêtes avec nous-mêmes, maintenir un Ministère du Tourisme et un Ministère de la Culture sans résultats probants, dans les conditions actuelles du pays, relève du gaspillage institutionnalisé. Un luxe absurde pour un pays en état d’urgence multidimensionnelle.

A noter que le Tourisme et la Culture ne sont ni une prière ni un slogan. Ils obéissent à des méthodes, à des données, à des compétences techniques. Les politiciens font de la politique. Tandis que les techniciens font de la technique.
À l’inverse, on produit le chaos… et la dérision internationale.

Haïti reste prisonnière de promesses mortes, incapables de franchir le seuil de la réalité. Nous devons souligner que deux ministères fantômes ne feront jamais une politique publique, et deux ministres sans résultats ne bâtiront jamais une destination.

À un moment où le Bénin avance avec méthode et audace, Haïti discourt, annonce, reporte… et s’enlise. Par ricochet, l’histoire ne retient ni les belles phrases ni les beaux parleurs mais retient surtout les actes tangibles, concrets et durables.

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
27 Janvier 2026

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