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HAÏTI À L’HEURE D’UN EXÉCUTIF MONOCÉPHALE : ENTRE SÉCURITÉ ET IMPÉRATIF ÉLECTORAL

La nouvelle configuration institutionnelle issue du 7 février place le pays sous la conduite d’un exécutif monocéphale dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Ce choix intervient dans un contexte de profonde fragilité sécuritaire et politique, alors que le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) intensifie ses consultations avec les partenaires internationaux.


Jeudi 12 février 2026, son chef, Carlos Ruiz Massieu, a rencontré des représentants de la communauté internationale pour faire le point sur l’appui aux priorités urgentes d’Haïti. Selon nos informations, les échanges ont porté sur trois axes majeurs : le renforcement de la sécurité publique, la restauration de l’autorité de l’État et la préparation d’élections crédibles.

L’objectif affiché est d’assurer une coordination plus structurée entre le gouvernement haïtien et ses partenaires, afin d’éviter la dispersion des initiatives et d’orienter l’aide vers des résultats mesurables. Cette démarche traduit aussi une volonté de maintenir Haïti au centre de l’agenda diplomatique international, à un moment charnière de sa transition.

LA SÉCURITÉ COMME FONDEMENT
Sans amélioration tangible de la situation sécuritaire, toute dynamique politique demeure fragile. La reconquête de l’espace public, le redéploiement effectif des forces nationales et la protection des citoyens constituent des préalables incontournables. La coordination internationale apparaît ainsi comme un levier, à condition qu’elle consolide les capacités nationales plutôt qu’elle ne s’y substitue.


La question sécuritaire dépasse la simple lutte contre les groupes armés : elle engage la crédibilité même de l’État. Restaurer l’autorité publique signifie rétablir la présence administrative dans les territoires fragilisés, garantir la libre circulation des personnes et des biens, et recréer un minimum de normalité économique. La population attend des signaux concrets, visibles, susceptibles de rompre avec l’impression d’abandon institutionnel. À cet égard, le gouvernement devra démontrer sa capacité à articuler stratégie nationale et soutien extérieur, dans une logique de responsabilité partagée.

L’HORIZON ÉLECTORAL
La préparation d’élections crédibles reste l’autre priorité stratégique. Au-delà de l’organisation technique du scrutin, l’enjeu réside dans la restauration de la confiance. Des élections précipitées ou mal sécurisées risqueraient d’aggraver la crise de légitimité ; un processus inclusif et transparent pourrait, au contraire, ouvrir la voie à une stabilisation progressive.


La communauté internationale insiste sur la nécessité d’un calendrier réaliste, adossé à des garanties sécuritaires et institutionnelles. Pour les autorités haïtiennes, il s’agit de trouver l’équilibre entre l’urgence de sortir de la transition et l’exigence de crédibilité démocratique.

La réussite du processus électoral dépendra aussi du renforcement des capacités administratives, de l’indépendance des organes concernés et de l’adhésion minimale des forces politiques nationales.


Entre urgence sécuritaire et exigence démocratique, l’exécutif haïtien joue une séquence décisive. La capacité du gouvernement à transformer l’appui international en résultats concrets déterminera non seulement la réussite de la transition, mais aussi la crédibilité future de l’État et la reconstruction durable de la confiance citoyenne.

Wislin VITAL

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