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GOLBERT ÉMILE : TÉMOIGNAGE D’UN ÉTAT FANTÔME ET AUTOPSIE D’UNE BARBARIE SYSTÉMIQUE

Crédit Photo: Shutterstock_9458225d

Professeur et entrepreneur, Golbert ÉMILE, chrétien convaincu et serviteur du Dieu vivant, est père de trois enfants. Né le 21 décembre 1971 en Haïti, il n’a commis aucun crime politique, ni aucun crime pénal. Il n’a jamais participé à aucun complot, ni aucune appartenance armée. Ni aucune dette envers la violence. Son seul tort est plus grave, plus naïf, et presque criminel en Haïti aujourd’hui. Il a cru que l’État existait encore.

Par Amos CINCIR

Le 24 juin 2025, de retour de République dominicaine à destination de Port-au-Prince, Golbert ÉMILE est intercepté à Mirebalais, section Domond-Crête-Brûlée. Non pas par un agent public, ni par un juge, ni par la Police nationale d’Haïti. Mais par des gangs armés, visibles, installés, organisés et souverains. Les véritables autorités exécutives du territoire. Ils sont lourdement armés.

Parmi eux, des femmes plus méthodiques, plus froides et plus cruelles que les hommes. En Haïti, en 2025, la barbarie n’a ni genre ni foi. Elle a des machettes, du plastique fondu, du caoutchouc brûlant et des armes à feu.

Pendant ce temps, la police… protège ailleurs. Les bandits à cravate circulent librement, les puissants délinquants négocient, contractent et sourient. La loi, elle, a déserté le terrain depuis longtemps.

Ce jour-là, sans décret et sans proclamation, une justice parallèle s’installe sans code, sans recours et sans humanité.

TREIZE JOURS : LA DESCENTE MÉTHODIQUE AUX ENFERS

Ligoté mains et pieds avec des câbles électriques, Golbert ÉMILE est transporté comme un colis, un objet logistique et une marchandise humaine.

Sa première destination était à Canaan ou il devrait être jugé. Non pas par un tribunal. Mais par Jeff Canaan, chef de gang, et juge suprême d’un État effondré. Il a été jugé sans aucune preuve, ni défense. Aucune parole ne compte. Libéré le 28 juin 2025, il est repris le même jour par un autre groupe armé. Non pas par erreur, ni par confusion, mais par vengeance.

Sa destination finale était à Jérusalem 7, quartier d’Onavil 9 dans une prison clandestine. Un lieu où l’on ne détient pas des hommes, on les efface sans état d’âme. Là-bas, la mort est artisanale. On ne tire pas avec une arme à feu, c’est trop rapide. On hachète à la machette. On décapite à l’arme blanche et on brûle au plastique fondu et au caoutchouc.

À son arrivée, environ trente personnes sont déjà séquestrées. Plusieurs seront exécutées, décapitées, et incendiées dans les jours suivants sans dossier, sans enquête et sans nom. Pendant ce temps, la justice haïtienne, se trimbale ailleurs, avec d’autres priorités. Et l’État regarde ailleurs, comme toujours.

LE CORPS COMME DOSSIER D’ENQUÊTE

Golbert ÉMILE survit. Mais son corps devient le rapport d’enquête que l’État n’écrira jamais. Ses deux mains brûlées au plastique fondu, ses deux pieds brûlés et son ventre brûlé avec des brûlures jusqu’au second degré. Ce ne sont ni des bavures, ni des excès. Ce sont des méthodes et des signatures criminelles.

Les images reçues de la victime sont cruelles et déconcertantes. Elles ne racontent pas une histoire. Elles accusent. Elles condamnent le silence organisé. Pendant treize jours, Gobert ÉMILE découvre la vérité nue d’Haïti en 2025, les gangs construisent des prisons, la Police nationale protège les puissants délinquants, et la justice détourne méthodiquement le regard.

Les quatre premiers jours de son kidnaping, il ne boit pas d’eau, ni de nourriture. Il a été battu, humilié, maltraité et brûlé. Il ne croit pas survivre. Et pourtant, le dimanche 6 juillet 2025, il est libéré affaibli, avec des cicatrices mais vivant. Il est sorti vainqueur par la grâce et sous la puissante main du Dieu vivant, pendant que l’État haïtien, lui, n’a jamais été présent.

L’ÉTAT HAÏTIEN : ABSENT POUR SAUVER, PRÉSENT POUR COUVRIR

Où était l’État pendant que cet homme était affamé, brûlé, traité comme une marchandise jetable ? Où étaient le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, muet; le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, invisible; la Police Nationale d’Haïti, occupée à sécuriser les réseaux en col blanc; et les partenaires internationaux, brillants en conférences, absents sur le terrain ? Le silence n’est pas un oubli. C’est une politique.

Aujourd’hui, Golbert ÉMILE vit déplacé avec sa famille. Bon-Repos est devenu une menace. L’école, un danger. Être père, est une exposition permanente. Il a porté plainte à la Direction Centrale de la Police Judiciaire-DCPJ et au commissariat de Tabarre. Mais en Haïti, porter plainte n’est pas un droit, c’est un acte de foi dans une institution fantôme.

Ceci n’est pas un récit. Cest acte d’une mise en accusation, car Golbert ÉMILE n’est pas une exception. Il est la règle silencieuse. Haïti n’est plus un État fragile. C’est un territoire où la torture prospère sous la protection de l’impunité. Et tant que les gangs jugeront, brûleront et hacheront, et que la police protégera les puissants, ainsi que les délinquants en costume, et la justice qui détournera le regard, chaque Haïtien restera un otage provisoirement libre.

L’Histoire jugera peut-être. Mais les sangs versés, eux, ont déjà rendus leur verdict.

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
15 décembre 2025

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