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ÉDGARD LEBLANC FILS : DU SAUVEUR ANNONCÉ AU COMPLICE SILENCIEUX DU CHAOS EN HAÏTI.

Président tournant raté du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), ce directoire de neuf membres censés sauver la République mais surtout occupés à gérer l’échec, Édgard LEBLANC Fils restera comme l’un des visages les plus décevants de la transition haïtienne. Celui qui devait symboliser la sagesse, la rupture et la rectitude morale n’a finalement produit qu’un théâtre d’ombres, peuplé de promesses creuses et d’espoirs méthodiquement euthanasiés.

Autrefois respecté, présenté comme un homme de conviction et un modèle d’intégrité, il est aujourd’hui devenu le symbole clinique d’un État en putréfaction lente, incapable de se corriger, encore moins de se réinventer.

UN PARCOURS LONG, UNE ISSUE COURTE

Né le 18 Août 1955 à Miragoâne, Édgard LEBLANC Fils a passé plusieurs décennies dans les couloirs feutrés du pouvoir haïtien. Ancien président du Sénat entre 1995 et 2000, ingénieur civil formé à l’Université d’État d’Haïti et à l’étranger, il possédait sur le papier tous les attributs d’un homme d’État expérimenté. Mais l’expérience n’est pas toujours synonyme de vision.

Avec le temps, Édgard LEBLANC Fils s’est transformé en une figure plus cosmétique que constructive, recyclée par un système qui confond longévité politique et pertinence historique.

UNE TRANSITION SANS PEUPLE, SANS BOUSSOLE

Après l’assassinat du président Jovenel MOÏSE dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 juillet 2021 en sa résidence à Pèlerin 5 dans les hauteurs de Pétion-Ville et l’effondrement final de ce qui restait d’autorité étatique, un Conseil Présidentiel de Transition à neuf membres fut mis en place en avril 2024, officiellement pour restaurer l’État et organiser des élections avant le 7 février 2026.

Officiellement, Édgard LEBLANC Fils n’a pas été choisi par le peuple, ni validé par les urnes, mais désigné par arrangement interne sous la baguette de la CARICOM et la communauté internationale, selon une logique de partage de fauteuils plutôt que de reconstruction nationale. Il prit la tête de la première phase de la transition alors même que personne ne savait où allait le pays, ni qui tenait réellement le gouvernail.

PROMESSES FLAMBOYANTES, RÉSULTATS TOXIQUES

Avec une emphase et un langage institutionnel, Édgard LEBLANC Fils annonça la mise en œuvre rapide de l’Accord du 3 Avril 2024, censé rétablir la sécurité, l’État de droit et ouvrir la voie aux élections.

La réalité fut autrement plus brutale, car
les gangs armés, devenus les nouveaux préfets de la République continuent de contrôler de larges portions du territoire ; les élections restent un horizon constamment repoussé ; et le CPT s’est enlisé dans des querelles internes, donnant au pays le spectacle d’un cirque politique sans chapiteau ni maître de piste.

LA CORRUPTION COMME BRUIT DE FOND

Comme si l’échec ne suffisait pas, la transition fut éclaboussée par des scandales de corruption en série. Parmi lesquels on retrouve les conseillers du CPT, champions de la corruption comme Smith AUGUSTIN, Louis Gérald GILLES et Emmanuel VERTILAIRE, furent cités dans une affaire d’extorsion de fonds impliquant la Banque Nationale de Crédit (BNC), sous le regard accusateur de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).

Face à cela, Édgard LEBLANC Fils demanda leur démission au CPT. Un geste tardif, isolé, plus proche d’un exercice de relations publiques que d’un acte de gouvernance courageux. La maison brûlait, et l’on distribuait des communiqués.

GRANDS DISCOURS, PETITE RÉALITÉ

À l’Assemblée Générale des Nations-Unies en septembre 2024, Édgard LEBLANC Fils livra un discours applaudi, notamment sur la restitution de la dette de l’indépendance d’Haïti, un thème juste, noble et historiquement fondé.

Mais les discours internationaux ne désarment pas les gangs,ne rouvrent pas les hôpitaux, ne sécurisent pas les quartiers assiégés et ne nourrissent pas les familles. En Haïti, la parole officielle se dissout vite dans le vacarme des balles et la fatigue sociale.

UNE TRANSITION DÉVORÉE DE L’INTÉRIEUR

La présidence tournante du CPT, pensée comme un mécanisme de stabilité, a surtout révélé une galerie de dirigeants interchangeables, incapables d’imposer une ligne claire, une autorité réelle ou un cap politique lisible.

Le 7 octobre 2024, Édgard LEBLANC Fils céda sa place à Leslie Voltaire, dans une ambiance sans ferveur, sans rupture et sans soulagement, mais avec un simple passage de témoin dans une course qui n’a jamais vraiment commencé.

LEBLANC FILS, OU LE MIROIR D’UN ÉTAT EN PANNE

L’échec d’Édgard LEBLANC Fils n’est pas une exception. Il est le reflet fidèle d’un État qui refuse de guérir. Une transition sans mandat populaire avec des promesses creuses sans mécanismes, sans oublier une lutte contre la corruption sans autorité morale suffisante et une visibilité internationale sans impact local.

Aujourd’hui, une génération en quête de rupture réelle observe ces neuf conseillers, autoproclamés sauveurs de la transition, comme des fossoyeurs élégants d’un avenir déjà fragile.

Édgard LEBLANC Fils ne restera pas dans l’histoire comme l’homme qui a sauvé Haïti, mais comme celui qui a accompagné la transition sans la transformer, qui a présidé sans trancher, parlé sans imposer et symbolisé sans refonder. Un rotatif politique sans dents ni direction. Et lorsque le mandat du CPT s’achèvera le samedi 7 février 2026, il ne laissera derrière lui ni institutions renforcées ni espoir renouvelé, mais le cadavre encore tiède d’une promesse nationale avortée.

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
18 Janvier 2026

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