On n’est pas encore sûr, mais il est fort probable que les élections générales soient pour bientôt. Pas parce que nous, haïtiens, nous les voulons vraiment. Mais surtout parce que la communauté internationale (USA et co) en a marre de nous. Marre de nos transitions qui se renouvellent au gré des scandales de corruption et de partages de gâteaux. Marre de nos accords, consensus ou autres simagrées qui ne sont que des cadres de référence et d’action pour piller l’État. Marre de la plupart de nos chefs ou pseudo-élites économiques qui arment et instrumentalisent les gangs depuis leur luxueuse villa de Pétion-Ville ou de Miami.

Les sanctions fusent, les bateaux et avions militaires débarquent, les préparatifs en vue du déploiement de la force de répression des gangs s’accélèrent. Tout ce décor sert de fond à un message diplomatique clair, net, voire offensif : l’insécurité créée et entretenue par nos élites pour se maintenir au pouvoir, faire durer les transitions et abêtir une population toujours désespérée doit être résorbée. N’en déplaise à ceux et celles qui continuent encore de multiplier les rencontres et accords inutiles et indécents, le bal des faux-culs déclenché depuis le magnicide de 2021 tire bel et bien à sa fin. Les vrais maitres du bal (USA et co) en ont décidé ainsi. Mieux vaut tard que jamais.
L’avenir s’annonce donc électoral. Pas forcément radieux. On a un Conseil électoral en place, pour le moment, on ne peut pas lui reprocher grand-chose puisqu’il n’a encore rien fait. Simple logique. On espère qu’il demeurera professionnel et impartial. On a aussi un gouvernement en place, on sait déjà avec certitude qu’il n’est ni professionnel ni impartial. Mais, il restera sûrement en place. Que voulez-vous? Ce n’est pas nous qui décidons. Les vrais décideurs (USA et co) en ont décidé ainsi parce que, nous autres, on a été incapables de le faire au cours de nos abominables consensus « largement large » pour départager les ministères et les directions générales.
Tout compte fait, on se dirige vers des élections. Nos hommes, femmes et regroupements politiques doivent donc se préparer à participer à cet exercice qu’ils ont toujours redouté, retardé ou évité. Et ils ont bien raison, personne ne sait qui est populaire et qui ne l’est pas. Paradoxalement, tout le monde se croit populaire. Et encore plus paradoxal, personne ne veut que le peuple, à travers les urnes, dise, une fois pour toutes, qui est populaire et qui ne l’est pas. On a quand même vu bien des surprises lors des élections de 2015 et 2016 avec des prétendus hommes et femmes du peuple incapables de récolter 1% du suffrage populaire.
Cessons de réveiller les chats qui dorment et regardons vers l’avenir. Pour les élections qui s’en viennent, on va avoir besoin de candidats. Une denrée abondante depuis toujours dans nos champs. Ce n’est donc pas la quantité qui m’inquiète à ce niveau, mais la qualité. Et maintenant que j’y pense, il y a de ces candidat(e)s dont on ne veut absolument pas. Même pour occuper le plus petit mandat au sein des collectivités territoriales. On en a marre de ces énergumènes qui pourrissent tout sur le passage et nous jettent tous dans le désespoir et l’inhumanité.
On doit surtout se méfier des candidats qui ont plus de moyens que les autres, car à coup sûr, c’est un vendu ou un gangster. Ou pire encore. Nous devons rejeter ceux et celles qui reviennent sans cesse à chaque gouvernement et à chaque transition. Sous une forme ou sous une autre, ils sont au timon des affaires depuis près de 30 ans pour les résultats qu’on connait. Ces caméléons politiques aux mille couleurs, aux mille visages et aux mille promesses qui savent comment gargoter nos ressources et surtout comment tirer profit de notre misère et de nos vulnérabilités.
Méfions-nous de ces candidat(e)s qui distribuent des 1000 gourdes, des machettes et des armes dans nos campagnes et nos bidonvilles au lieu de nous présenter des plans concrets pour transformer et moderniser nos villes. De ces mécréants qui ne partent jamais à la retraite et qui confondent le budget national avec leur compte en banque personnel. Nous devons les rejeter avec force ces candidat(e)s qui ont un passé criminel, qui se croient au-dessus des lois et qui crient à l’instrumentalisation de la justice à la moindre poursuite.
On n’a pas le choix, on doit regarder vers l’avenir. Mais, en faisant un tri judicieux et efficace parmi nos leaders, parmi nos élites. Devant l’urne, avec le bulletin de vote à la main, on ne peut pas, on ne doit pas choisir n’importe qui. Surtout pas eux. Ces candidats qui n’auraient même pas dû être candidats. Ces candidats dont ne veut absolument pas.
Marc-Alain Duroseau








