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CAREL PÈDRE COMME UN PRÉTEXTE ET FREDELY GEORGES COMME UN SYMPTÔME

Quand un ancien député de Pétion-Ville transforme l’invective personnelle, la calomnie et l’homophobie obsessionnelle en mode d’expression et de doctrine politique, sans retenue, sans décence et sans le moindre respect pour ses compatriotes, il ne s’agit plus d’un dérapage, c’est une ligne de conduite, car il y a des hommes politiques qui quittent la scène avec un legs. Et d’autres avec un silence.

Par Amos CINCIR

Fredely GEORGES, ancien député de Pétion-Ville, a choisi une troisième option, celle du vacarme de caniveau, l’insulte privée, la rumeur vocale et la menace publique, recyclées en posture politique de substitution.

Les échanges en question ont eu lieu entre 9h04 et 9h42 du matin, le mardi 30 décembre 2025, heure haïtienne.

Près de 40 minutes d’un déferlement verbal qui en dit long sur l’état mental et politique du personnage. Tout est parti d’un réflexe pavlovien très haïtien de ne pas jubiler devant la chute d’un homme, ce serait forcément le défendre. Ne pas cracher avec la meute, ce serait trahir.

Ainsi, pour avoir partagé le dimanche 28 décembre 2025 un article titré : « Haïti, le pays où le succès d’un Noir est une insulte et sa chute une réparation morale », me voilà sommé par Fredely GEORGES d’endosser, par pur délire accusatoire, le rôle de « SUPPORTER » du journaliste culturel Carel PÈDRE, arrêté le 21 décembre 2025 aux États-Unis d’Amérique.

Pour l’ancien parlementaire, la nuance n’est pas son fort. La violence verbale, oui.

L’INJURE COMME CARTE DE VISITE

Dans un message privé sur Messenger, l’ancien député, pourtant censé avoir fréquenté les arcanes institutionnelles de l’État, a choisi d’attaquer non des idées, non des faits, mais un individu (moi), me qualifiant, je cite textuellement, de : « fatras, laid, kokorat, kwashiorkor, voleur, salope, malpropre et aigri ». Nous sommes ici au sous-sol du débat public quand l’argument est absent, et l’injure devient la pensée.

LA RUMEUR EN VOCAL, LA DIFFAMATION EN RAFALE

Mais Fredely Georges ne s’est pas limité à l’écrit. Dans plusieurs messages vocaux, il a proféré une série d’accusations d’une extrême gravité, que je rapporte strictement comme étant ses propos, sans jamais les endosser ni les valider. Selon lui, Carel PÈDRE serait, et je cite, « un grand homosexuel, un faussaire, un pervers et un pédophile de grand chemin».

Toujours selon ces propos, « Carel PÈDRE a abusé sexuellement les jeunes chanteurs Sébastien PIERRE et Wanito, de son vrai nom Louis Pascal Juanito BEAUBRUN». Il poursuit que Carel PÈDRE et un certains Jean-Marc APPOLON de Radio One seraient des « gens nocifs et corrompus» ayant «alimenté la corruption en Haïti ». Aucune preuve. Aucune procédure et sans aucun cadre judiciaire. Seulement la parole brute, jetée comme on lance une pierre, convaincu que le bruit tiendra lieu de vérité.

L’HOMOPHOBIE COMME UN AXE IDÉOLOGIQUE

Fredely GEORGES pousse la dérive encore plus loin. Il affirme que la majorité des journalistes haïtiens, sans exception, seraient à la fois des corrompus et des homosexuels, comme si l’orientation sexuelle était une faute morale, et la corruption une identité naturelle.

Et pour achever la logique, il annonce vouloir « commanditer une chasse aux sorcières » contre des journalistes haïtiens. Nous ne sommes plus dans l’opinion. Nous ne sommes même plus dans l’excès. Nous sommes dans le fantasme autoritaire, celui qui rêve de faire taire les contre-pouvoirs par la peur, l’amalgame et l’intimidation.

LE NOUVELLISTE, TICKET MAGAZINE OU LA HAINE DES ARCHIVES

Dans sa diatribe, Le Nouvelliste et Ticket Magazine sont également désignés comme des médias « corrompus », « sales », soutenant « voleurs, homosexuels et criminels ». Rien d’original. L’homme politique sans bilan hait toujours les journaux qui écrivent et les archives qui survivent.

FLASHBACK DE MAI 2017, AU COLLÈGE DOMINIQUE SAVIO

Petit rappel que la colère ne parvient pas à effacer. En mai 2017, alors que j’étais journaliste-rédacteur au Nouvelliste, et invité par la direction du Collège Dominique Savio de Pétion-Ville, je croisais le même Fredely GEORGES, alors député de la 49e législature. Il m’insultait déjà. Il se vantait d’avoir construit des puits, des écoles, et réalisé des projets communautaires, reprochant au journal de ne pas le soutenir. Je lui ai rappelé alors une évidence constitutionnelle élémentaire qu’un député n’est pas un maire. Son rôle est de légiférer, pas de jouer au bienfaiteur électoral sous faux prétextes. Visiblement, cette leçon n’a jamais été digérée.

Pour conclure, le sujet, ce n’est ni Carel PÈDRE, ni Le Nouvelliste, ni Ticket Magazine. Ce ne sont pas non plus « les journalistes ». Le sujet, c’est un ancien député qui confond Facebook avec un tribunal, l’insulte avec le courage, la rumeur avec la preuve, et l’homophobie avec la morale.

Quand un ex-élu corrompu rêve de chasses aux sorcières contre la presse, ce n’est jamais la presse qui est menacée en premier. C’est la République.

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
30 décembre 2025

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