Si le Centre Ambulancier National (CAN) était un patient, il serait déjà en décomposition avancée, prêt pour l’embaumement administratif. Ce qui fut un service public vital est devenu un laboratoire d’alchimie financière, où l’on transforme du carburant en champagne politique, des primes en cadeaux privés, des gratifications en voix électorales, et le budget hospitalier en caviar présidentiel.
Par Amos CINCIR
Et au sommet du mont Pêlé de la corruption ? Un nom symbolique. Il s’agit de Louis Gérald GILLES, le champion poids lourd du Conseil Présidentiel de Transition-CPT, deuxième place officielle au podium des corrompus nationaux (juste derrière Satan).
Entre avril et décembre 2025, le conseil de gestion du CAN a siphonné toutes les veines budgétaires pour offrir tous les mois la somme de 30 000 USD, soit environ 3 900 000 gourdes, au conseiller présidentiel, maître du vol en plein jour, star du pillage politique, et résidant VIP de Pélerin 5 où, ironie criminelle, une ambulance du CAN reste stationnée comme un chien de garde sur quatre roues devant sa résidence. Mais ceci n’est que la partie visible de l’iceberg mafieux.
Selon les données documentées, d’autres fonds publics issus du CAN, en carburant, fournitures et matériels, budgets mensuels, gratifications, primes et allocations internes, ont été détournés directement au profit d’activités politiques privées, via des réunions partisanes, des voyages informels, des missions fictives, des services de sécurité parallèles, des réseaux clientélistes, des opérations de propagande et des promesses électorales camouflées.
Une ambulance pour la résidence privée de Louis Gérald GILLES. Et les ressources pour la campagne politique. Et le peuple ? Il crève en silence. Pendant ce temps, les citoyens trépassent faute de soins, de transport, de médicaments, et de présence de l’État.
DÉCLIN STRUCTUREL : D’UN RÉSEAU SANITAIRE À UNE RUINE NATIONALE
Pour un rappel historique, en 2021, le CAN possédait 10 points opérationnels + une ambulance mobile de réserve pour le département de l’Ouest. Un réseau solide, structuré, et fonctionnel. Un outil moderne, efficace et national. Aujourd’hui, en 2025 ? 3 points. Seulement Trois.
Comme un patient qui perd ses organes un par un.
Les 10 points initiaux étaient l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti-HUEH (Hôpital général); l’Hôpital Universitaire de la Paix (HUP); l’Hôpital Communautaire de Référence de Bon-Repos (HCR), l’Hôpital Communautaire de Référence de Croix-des-Bouquets (HCR), à Pétion-Ville, à Acachon 32, à Diquini (Carrefour), l’Hôpital Communautaire de Référence de Léogâne (HCR),
à Béthanie (Carrefour-Feuilles), à Cabaret et une mobile opérationnelle.
Aujourd’hui, il reste que HUP La Paix, Pétion-Ville et une mobile MSPP, dernière branche d’un arbre brûlé. Le reste ? Évaporé dans la fumée des détournements. Et pendant ce temps… Le CAN n’a plus d’encre, sauf au département des finances. leur seule priorité est d’imprimer les traces comptables du vol. Les toilettes sont hors service, symbole parfait de l’État, car rien ne passe.
Les employés attendent leurs primes, symbole d’un pays où l’honnêteté est punie et le crime récompensé.
UN SERVICE NATIONAL TRANSFORMÉ EN GARAGE PRIVÉ
Le sommet de l’humiliation nationale ? Une ambulance du CAN assignée à Pélerin 5. Pas pour les urgences du peuple, non. Mais pour le confort de Louis Gérald GILLES, dilapidateur certifié des fonds publics.
Un autre véhicule stationné à Chancerelles existe uniquement grâce à Médecins Sans Frontières-MSF. On ne parle plus d’État. On parle d’occupation intérieure par une oligarchie administrative.
UN CRIME D’ÉTAT ORGANISÉ, PLANIFIÉ, STRUCTURÉ
Le CAN n’est pas accidentellement détruit. Il est politiquement exécuté. Le CPT gouverne par la captation des ressources, la centralisation des fonds pour compenser la crise légitime, déstructuration volontaire des institutions capables de rendre des comptes, la confiscation des actifs mobiliers, l’asphyxie budgétaire des secteurs publics, la conversion des budgets sanitaires en budgets électoraux officieux
Le transfert de 3,9 millions de gourdes au bénéfice privé d’un conseiller n’est pas un incident, c’est un modèle économique.
Derrière ce détournement de ces réseaux de corruption transpartisans, propagande politique financée par les caisses de l’État, le narratif officiel de « transition » utilisé comme bouclier, l’économie politique basée sur l’informel, le patronage et la prédation. Pourquoi le CAN est-il ciblé ? Parce qu’il est un secteur non priorisé par l’élite, faiblement surveillé, peu médiatisé essentiel pour les pauvres, donc négligeable pour les riches. On ne vole pas où l’on aime. On vole là où les morts ne parlent pas.
SANTÉ PUBLIQUE : LE PEUPLE COMME COLLATÉRAL
L’effondrement du CAN implique l’augmentation du délai d’intervention, la hausse des décès évitables, la multiplication des complications traumatiques, la rupture du réseau hospitalier national, l’effondrement logistique dans la chaîne sanitaire, la perte de milliers de vies. Alors que les politiciens dansent au-dessus des cadavres et les morgues débordent.
Le plus dangereux, ce n’est pas le vol. C’est l’acceptation du vol. Ce que les criminels publics testent aujourd’hui releve de nos seuils de tolérance, de l’indifférence devient complicité. Le silence devient approbation et l’habitude devient suicide collectif.
SILENCE COUPABLE : ULCC & MSPP
Pendant que les fonds publics fondent comme neige noire en enfer, deux institutions observent en silence absolu. Il s’agit de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) et le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Ni enquête, ni audit, ni communiqué, ni sanction. Leur silence n’est pas une absence de bruit. C’est une présence de complicité. Car quand l’État se tait devant le crime, c’est que l’État est dans le crime.
Le CAN avait une mission sacrée celle de sauver des vies. Aujourd’hui, sa nouvelle fonction est claire en enrichisant les morts-vivants politiques qui dirigent le pays. On a volé le carburant, les primes, les gratifications, les ambulances. Puis on a volé les fonds restants pour acheter de la loyauté politique.
3,9 millions de gourdes pour un homme, 0 pour une nation agonisante. Haïti n’est pas pauvre. Elle est pillée. Et tant que ces brutes politiques resteront en place, le système sanitaire restera en soins intensifs, branché sur une machine que l’État a déjà débranchée.
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
22 Décembre 2025








