En cette année 2026, marquant les 222 ans de l’indépendance du 1er Janvier 1804, Haïti, la première Nation noire libre de l’histoire moderne, traverse l’un des moments les plus humiliants, les plus dégradants et les plus catastrophiques de son histoire de peuple.
Cette grande Nation qui fit vaciller les empires coloniaux français est aujourd’hui administrée comme un pupille, arbitrée par des Chancelleries étrangères et dirigée par des hommes sans mandat populaire, sans vision, sans dignité, sans scrupule et sans responsabilité historique.
Depuis leur sépulture, Jean-Jacques DESSALINES, Henri CHRISTOPHE, CAPOIS-LA-MORT, Dutty BOUKMAN et Cécile FATIMAN pourraient observer cette scène théâtrale et absurde. Ils ne réclameraient ni discours ni justification. Ils exigeraient des comptes de ces héritiers sans caractère. Et peut-être même des têtes pour avidité, corruption et trahison.
Moins de 24 heures après une résolution signée par cinq membres sur neuf du Conseil présidentiel de transition (CPT) corrompus, Haïti replonge dans ce qu’elle connaît trop bien qui est le chaos institutionnel sous la perfusion diplomatique.
D’une part, un CPT à neuf têtes, installé depuis Avril 2024, soit près de 22 mois sans bilan sécuritaire, économique ou politique crédible et concret, ose annoncer avec une audace rare une « deuxième mi-temps de la transition », comme si la première n’avait pas déjà englouti des milliers de vies disparus, des territoires entiers abandonnés aux gangs armés et l’inexistence de l’autorité de l’État.
D’autre part, une Primature dirigée par Alix Didier FILS-AIMÉ, ouvertement soutenue par Washington, Ottawa, l’Organisation des États Américains et plusieurs capitales européennes, dont l’Union Européenne, la France, l’Allemagne et l’Espagne, au point que la frontière entre le soutien diplomatique et la mise sous protection politique a complètement disparu.
Au centre de cette confrontation et de cette lutte intestine pour le pouvoir, nous retrouvons un peuple réduit au rôle de spectateur, une jeunesse haïtienne figée, et une souveraineté maintenue sous une assistance respiratoire.
UN CPT À NEUF TÊTES, ZÉRO RESPONSABILITÉ
Ce vendredi 23 Janvier 2026, Edgard LEBLANC Fils et Leslie VOLTAIRE, les deux plus vieux et conseillers ratés du CPT, apparaissent en conférence de presse avec un ton grave et une posture martiale. Ils annoncent la révocation du Premier ministre, précisant que son remplaçant sera choisi au sein du gouvernement.
La question que se posent les citoyens avisés, où était cette lucidité pendant 22 mois d’échec total ?
Ce même CPT qui a changé de Premiers ministres comme on change de fusible, a imposé des responsables sécuritaires en violation des normes légales, a laissé l’État perdre le contrôle du territoire, et a gouverné pendant que les gangs armés, les gangs politiques et les gangs en cravate prospéraient tranquillement sans aucune conséquence.
Après 22 mois sans bilan, aucun mot sérieux sur l’agriculture, l’éducation, la santé, le travail, les technologies ou l’environnement. Un seul refrain revient toujours. Il s’agit de l’insécurité, présentée comme un phénomène tombé du ciel, alors qu’elle est le produit direct des élites politiques et économiques qui l’ont créée, financée et instrumentalisée.
Découvrir aujourd’hui, à moins de 15 jours de la fin de leur mandat en date du samedi 7 Février 2026, que « le problème, c’est le Premier ministre » n’est pas une solution. C’est l’aveu public d’une incompétence collective.
DEUX POUVOIRS, DEUX DISCOURS, UN SEUL PAYS EN RUINE
Pendant que le CPT proclame la révocation, en attendant la publication de l’arrêté au Joutnsl officilel Le Moniteur ce vendredi 23 jJanvier 2026, Alix Didier FILS-AIMÉ, accompagné du Conseiller président Laurent SAINT-CYR, prononce un discours à l’Académie de police. Il a promis de combattre les bandits « à sapatte et à cravate », désignant explicitement les politiciens qui financent les gangs.
Le constat est clair et visible car nous avons à l’heure actuelle deux pouvoirs, deux discours et un seul pays livré à la confusion.
LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE : ARBITRE, JOUEUR ET PROPRIÉTAIRE DU TERRAIN
Les États-Unis d’Amérique, le Canada, l’OEA, l’Union Européenne, rejoints par Paris, Berlin et Madrid, ont exprimé, par des communiqués et des signaux diplomatiques, leur désaccord avec la démarche du CPT et leur préférence assumée pour la Primature qu’ils protègent.
Dans ce contexte, des déclarations attribuées ce vendredi 23 Janvier 2026 à Marco RUBIO, figure influente du Département d’État américain, évoquant la fin programmée du CPT au samedi 7 Février 2026, circulent comme un avertissement sans ambiguïté. Ce message est limpide et très visible, car dorénavant Haïti ne décide plus de son propre chef, elle exécute l’ordre impérial.
A noter que ce CPT n’est pas l’expression de la souveraineté populaire. Il s’agit d’un dispositif importé, fabriqué et validé par la CARICOM, les États-Unis et la communauté internationale, composé d’acteurs sans mandat électoral, non choisis par le peuple haïtien, mais accrochés au pouvoir comme des sangsues pour continuer à siphonner les ressources restantes de la République.
TROIS GANGS, UN ÉTAT FANTÔME
Aujourd’hui, Haïti n’a plus d’État ni de souveraineté légitime. Elle est dominée par trois centres de prédation à savoir les gangs armés territoriaux,
le CPT institutionnel et et une Primature sous le parapluie international. Et le peuple ? Il enterre quotidiennement ses morts. Il fuit à tout prix et observe tranquillement la scène théâtrale des politiciens et la communauté internationale.
Ce scandale n’est pas seulement l’ingérence étrangère. C’est l’absence totale de courage national avec un CPT prédateur qui refuse de partir, une Primature incapable de sauver seule le pays, une communauté internationale paternaliste qui gère Haïti comme un dossier à risque, et un peuple épuisé, avec une jeunesse immobile.
Si Jean-Jacques DESSALINES, le père fondateur de la Nation, revenait en 2026, il regretterait d’avoir lutté pour l’indépendance d’Haïti. Il serait profondément déçu des sacrifices consentis pour cette Nation.
Aujourd’hui, le peuple haïtien doit cesser d’observer, de refuser la normalisation de l’échec, de rejeter les transitions éternelles, mais surtout exiger la vérité, la reddition de comptes et des élections crédibles.
Nous savons tous que le CPT a échoué, la Primature n’est pas un sauveur et que cette communauté internationale qui viole la Convention de Vienne n’est pas neutre, parce qu’Haïti, ce volcam de la Caraïbe n’est pas en crise. Ce Nation est confisquée par ses propres dirigeants corrompus et apatrides, et est maintenue sous un protectorat étranger déguisé.
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
24 Jamvier 2926








