Dans les couloirs aseptisés de nos centres hospitaliers haïtiens, là où la blouse blanche devrait incarner l’autorité morale et le savoir, se joue un théâtre sinistre que beaucoup ferment les yeux pour ne pas voir.
À titre d’exemple, les institutions de santé comme l’Hôpital Universitaire Lapaix, l’Hôpital du Canapé Vert et l’Hôpital Universitaire de Mirebalais ne sont pas seulement des lieux de soin, mais pour certaines jeunes médecins et infirmières, ils sont devenus de véritables laboratoires d’impunité et de harcèlement.
Par Amos CINCIR
DES VICTIMES MUETTES, MAIS PAS IMPUISSANTES
Des étudiantes et internes choisissent souvent le silence pour préserver leur carrière. Derrière les sourires polis et les protocoles de stage, se cache un scénario de prédation sexuelle hiérarchique. Elles doivent apprendre à jongler entre survie professionnelle et dignité personnelle, un jeu cruel imposé par ceux qui se croient au-dessus de toute règle.
LES AUTEURS : MÉDECINS AU POUVOIR PHYSIQUE ET INSTITUTIONNEL
Parmi ces prédateurs sexuels avérés, on retrouve le Dr Victor Lemaire Jr SATURNE, chirurgien émérite à l’Hôpital Universitaire Lapaix … et maître ès en harcèlement verbal. Il transforme un compliment académique en commentaire sexuel acéré.
Quant au Dr Jean-Louis Marcel OLIVOR, ce medecin de carrière très respecté à l’Hôpital Universitaire Lapaix de Delmas 33 et à un autre centre hospitalier de Pétion-Ville est tŕès connu pour ses attouchements sous couvert de consultations, et ses remarques désobligeantes sur le corps comme si les étudiantes étaient des œuvres d’art anatomiques à critiquer.
Sans oublier le Dr Samuel Rigaud MIRACLE, professeur respecté sur le papier, mais virtuose des remarques sexistes et des manipulations psychologiques à l’Hôpital Universaire de Mirebalais.
Ces individus partagent tous la même recette, à savoir l’autorité hiérarchique comme un bouclier, le physique comme une barrière contre toute contestation, et instaure une culture de peur qui réduit les victimes compétentes et bien portantes à des cibles vulnérables.
A ce stade, le harcèlement verbal et sexuel est «mentorisé» par des commentaires sexistes sur le corps et la tenue et des blagues lourdes déguisées en «humour professionnel». Il y a également l’attouchement clinique où les mains de ces médecins sont transformées en outils d’intimidation sous prétexte d’examen. Sans oublier l’isolement et la surveillance par l’assignation de tâches subalternes pour toutes celles qui osent protester avec des observations constantes et une autocensure forcée. Le plus troublant est la manipulation institutionnelle calibrée par des menaces implicites de blocage de carrière, et le favoritisme envers celles et ceux qui acceptent la dynamique de pouvoir.
Ce phénomène n’est pas isolé. Il révèle d’une culture institutionnelle où le pouvoir hiérarchique se confond avec le pouvoir sexuel. Les hôpitaux, censés être des lieux de protection et d’apprentissage, deviennent des terrains de contrôle et d’impunité.
À travers cette dynamique de pouvoir, les chefs utilisent l’autorité pour imposer le silence. Ils instaurent l’impunité systémique vu l’absence totale de mécanismes de plainte efficaces.
Chose certaine, ces actes ont des impacts psychologiques criants sur de nombreuses victimes vivant dans des situations de stress chronique, de honte, de peur, et de retard de développement professionnel.
LE SILENCE COMME UNE ANESTHÉSIE SOCIALE
Les victimes sont obligées de composer entre la performance académique et la survie psychologique. Ce silence collectif, entretenu par la peur et la hiérarchie, protège les harceleurs et les prédateurs sexuels en normalisant l’abus. La médecine considéré comme une profession de prestige et respectueuse est une façade que le public admire sans rien savoir.
Par ricochet, les institutions de santé en Haïti doivent agir, sans délai par la création de canaux de plainte sécurisés et anonymes; la prise de sanctions claires et immédiates, quel que soit le rang des auteurs; mais le plus important est la mise en place d’une formation obligatoire de tout le personnel médical en éthique et en prévention du harcèlement.
Tant que le pouvoir médical haïtien servira d’alibi pour l’abus, ces hôpitaux resteront des théâtres silencieux où la compétence et la dignité seront testées… et trahies. En attendant, les internes et étudiantes continuent de survivre dans un système où le scalpel est précis, mais la justice est incroyablement floue.
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
11 Janvier 2025








