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“FINETTE PIERRE-LUC : AUTOPSIE D’UN DÉCÈS EXPORTÉ PAR UN ÉTAT DÉMISSIONNAIRE

Finette PIERRE-LUC n’est pas morte à l’étranger. Elle a été forcée d’y mourir. Le 15 décembre 2025, à l’Hôpital de Maternité Notre-Dame d’Altagrace de Santo Domingo en République dominicaine, elle s’est éteinte à l’âge de 34 ans, des suites de complications médicales sévères liées à des crises falcémiques aiguës et répétées.

Par Amos CINCIR

Rien d’imprévisible. Rien d’exotique. Rien d’inconnu. Une pathologie parfaitement identifiée par la médecine moderne. Une mort parfaitement évitable dans un pays fonctionnel. Mais Haïti ne soigne plus. HAÏTI délègue sa survie à l’étranger.

Artiste chrétienne reconnue, adoratrice respectée, Finette PIERRE-LUC venait de donner naissance, le 28 Novembre 2025, par césarienne prématurée, à un enfant de sexe masculin. Chez une patiente falcémique, le post-partum est une phase critique exigeant une surveillance continue, des protocoles clairs, une disponibilité permanente du sang, des médicaments, des spécialistes.

En HAÏTI, ces exigences médicales sont traitées comme des luxes importés. Alors elle a traversé la frontière haitiano-dominicaine. Non par choix. Mais par contrainte vitale. L’exil médical haïtien n’est pas un phénomène marginal, c’est une politique non écrite, une solution honteuse à l’effondrement du système de santé haïtien. Quand les hôpitaux ne sont plus que des bâtiments sans moyens, quand la continuité des soins n’existe pas, quand la prise en charge dépend du réseau personnel et non du droit, la maladie devient une condamnation géographique.

La falciformation est pourtant une réalité structurelle en Haïti, documentée depuis des décennies. Mais il n’existe toujours pas de réponse nationale robuste, coordonnée et durable. Pas de stratégie globale du Ministère haitien de la Santé publique et de la population. Pas de maillage spécialisé suffisant. Pas de suivi institutionnalisé.
Seulement une succession de silences administratifs et de promesses recyclées.

Ironie tragique et révélatrice c’est qu’elle préparait son départ définitif pour les États-Unis. Elle avait compris ce que beaucoup comprennent trop tard, que survivre en tant que patient haïtien implique de quitter HAÏTI. Elle n’aura pas atteint cette destination. Elle s’est arrêtée à l’étape intermédiaire en République dominicaine, transformée malgré elle en une zone de tampon humanitaire du désastre haïtien.

Pendant ce temps, ceux qui dirigent, les apatrides de la responsabilité publique et sans colonne vertébrale, ne connaissent ni files d’attente hospitalières ni ruptures de stock vitales. Ils se soignent ailleurs, vivent ailleurs, meurent rarement ici. Ils administrent la santé publique comme on gère une formalité bureaucratique, surtout sans urgence, sans vision et sans conséquence personnelle.

Finette PIERRE-LUC laisse un époux, Ronel LUC, et un nouveau-né désormais privé de sa mère. Elle laisse aussi une communauté évangélique mondiale frappée de stupeur, amputée d’une voix qui chantait « Jezi se dlo ki bay lavi a ».

L’image est cruelle, mais exacte, car celle qui chantait la vie est morte d’un système qui ne la protège pas. Il faut donc cesser le mensonge commode de la fatalité. Ce décès n’est ni un accident ni une malédiction biologique. C’est un échec d’État mesurable, un abandon institutionnel documentable, une mort produite par la désorganisation, l’indifférence et l’irresponsabilité structurelle.

Finette PIERRE-LUC n’est pas morte parce qu’elle était malade. Elle est morte parce que son pays ne garantit plus le droit élémentaire de rester en vie. Et comme souvent en HAÏTI, la mort passera la frontière… Mais la responsabilité, elle, restera sans visa.

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
17 Décembre 2025

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