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DIPLOMATIE DÉPOUILLÉE : HAÏTI EN CARNAVAL D’ÉTAT, QUAND LES PATRIOTES EN PLASTIQUE ACCUSENT LE MONDE ET OUBLIENT LEURS PROPRES SQUELETTES.

Il fallait l’entendre pour le croire que Louis Gérald GILLES et Edgard LEBLANC Fils, deux conseillers présidentiels du Conseil Présidentiel de Transition-CPT de pacotille et sans boussole, qui avancent comme des pompiers pyromanes parmi les cendres du pays qu’ils disent vouloir sauver, viennent dénoncer la déclaration de l’ambassadeur du Canada, André François GIROUX, qui n’a fait que rappeler une date, le 7 Février 2026, avec la précision d’un chirurgien et la froideur d’un greffier.

Par Amos CINCIR

Et dès que la vérité a touché l’air, les sirènes d’indignation ont hurlé :« Ingérence internationale ! » Les voilà soudain patriotes, gonflés de colère, le regard hautain, l’écume aux lèvres, prêts à aller mourir sur l’autel de « la souveraineté ». Souveraineté ? Quelle souveraineté ? La souveraineté d’un pays tenu par les gangs comme un otage ? La souveraineté d’un État sans justice, sans police, sans contrôle territorial, sans vision et sans colonne vertébrale ? La souveraineté d’une République administrée comme une buvette de campagne électorale ? Ridicule. Grotesque. Tragiquement comique. Car derrière ce théâtre de carton-pâte se cache une vérité que tout le monde voit mais que personne ne dit.

Ceux qui crient «ingérence» sont ceux qui ont vendu Haïti pièce par pièce aux bailleurs, aux ambassades, aux capitales étrangères, aux agendas géopolitiques, aux intérêts internationaux. Et maintenant, ils jouent aux vierges offensées.

ET VOILÀ QUE LA FRANCE CONFIRME LA MÊME VÉRITÉ…

Comme si le Canada ne suffisait pas, voilà que l’ambassadeur de France en Haïti, Antoine MICHON, surgit, calmement, diplomatiquement, mais avec la précision d’un sniper, pour rappeler à son tour que le mandat du CPT prendra fin le 7 Février 2026, conformément à l’Accord du 3 Avril 2024. Li pa gen okenn konfizyon. Pa gen okenn lonbraj. Pa gen okenn jwe sou mo.

Selon le diplomate français, ce mandat ne peut pas être prolongé. Point. Et il insiste sur le fait que les acteurs politiques doivent respecter l’accord, respecter la date, respecter la parole donnée. Pendant son interview, Antoine MICHON reconnaît les discussions internes entre partis politiques, les négociations entre le président du CPT et le Premier ministre, les incertitudes sur la transition après 2026, mais il reste clair, solide, droit comme un pilier romain car l’avenir relève des Haïtiens eux-mêmes.

Et mieux encore la France dit n’avoir aucune intention d’interférer dans les affaires internes d’Haïti. Pendant ce temps, le monde entier constate l’évidence. Depuis son installation le 25 Avril 2024, le CPT n’a pas répondu aux défis cruciaux, dont la sécurité, les élections, et la gouvernance, laissant le pays dériver dans un vide institutionnel, un chaos prolongé.

Ce rappel français arrive comme une deuxième gifle diplomatique. Deux ambassades, deux messages identiques, un même miroir tendu car Haïti ne contrôle pas son agenda.

L’ODEUR D’UNE HYPOCRISIE PURE

Mais le plus obscène dans ce cirque diplomatique reste l’odeur d’hypocrisie pure, pendant que Louis Gérald GILLES s’arrache la gorge pour dénoncer « la main de l’étranger », sa propre fille est tranquillement en poste au Consulat d’Haïti à Montréal, un nid diplomatique transformé depuis longtemps en refuge familial, dortoir politique, banque de faveurs privées, maternité d’enfants d’État, ring de copinage aristocratique.

Le père crie à l’ingérence. Alors que sa fille encaisse les bénéfices. Haïti compte les cadavres. Voilà la vraie équation. Et qu’on ne vienne pas prétendre que Giroux ou Michon sont le problème.

Si le Canada observe, ce n’est pas par caprice. Si la France parle, ce n’est pas pour se distraire. Si l’international commente, ce n’est pas pour provoquer. L’international regarde, enquête, évalue, intervient, parce que le pays n’a plus ni gouvernail, ni capitaine, ni boussole. Dans la jungle géopolitique actuelle car les États-Unis veulent la stabilité coûte que coûte, le Canada veut éviter la contagion régionale, la France veut protéger ses intérêts stratégiques, la CARICOM joue la façade d’unité, l’ONU gère les restes, et Haïti ?

Haïti regarde les trains passer et continue de s’enfoncer. Pendant ce temps, les élites politiques, dont Louis Gérald GILLES et Edgard LEBLANC Fils, s’offrent leur luxueuse indignation patriotique, comme un parfum hors de prix vaporisé sur un cadavre qui pourrit. Leur discours est une plaisanterie, un tango macabre entre orgueil et mauvaise foi. Qui humilie Haïti ?

Les diplomates qui énoncent des faits ? Ou des dirigeants qui ont transformé la diplomatie en supermarché familial ? Qui trahit la Nation ?

Les étrangers ? Ou ceux qui utilisent l’État comme coffre privé, usine à passeports, machine à privilèges ? Qui détruit la souveraineté ? Un communiqué diplomatique ? Ou l’incapacité structurelle à gouverner, penser, anticiper, décider, sauver ?

La vérité brute, froide, inattaquable est celle-ci ou Haïti a perdu sa souveraineté le jour où ses dirigeants ont cessé de servir le pays pour commencer à se servir.

Louis Gérald GILLES et Edgard LEBLANC Fils ont beau hurler, menacer, gesticuler, jouer les gladiateurs patriotiques devant les caméras, tant que les consulats seront des mancelles de népotisme, les postes diplomatiques serviront à placer les enfants, le pouvoir restera une ferme privée, et la politique continuera d’être un racket, Haïti mourra de ridicule avant de mourir de balles. Et le monde entier le verra.

Amos CINCIR

Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique

Ambassadeur du Royaume

18 Décembre 2025

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