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Au revoir à Dieudonné Larose, pilier du konpa haïtien !

Montréal, 9 janvier 2026

Le monde musical haïtien est en deuil. Dieudonné Larose, figure emblématique du konpa et artiste aux multiples talents, s’est éteint ce vendredi 9 janvier 2026 au Canada, à l’âge de 80 ans, après une longue hospitalisation. Sa disparition marque la fin d’une époque pour la musique haïtienne, tant son œuvre a façonné l’identité culturelle du pays et inspiré des générations entières.

Un parcours musical exceptionnel

Né le 5 juin 1945 à Cabaret, en périphérie de Port-au-Prince, Larose a grandi dans un contexte où la musique était un langage universel. Dès ses débuts, il s’est imposé comme une voix singulière dans le paysage musical haïtien. Sa carrière, qui s’étend sur près de cinq décennies, a été jalonnée de succès et de collaborations mémorables. Il a évolué au sein de groupes prestigieux tels que Shoogar Combo, DP Express et Dixie Band, avant de fonder son propre ensemble, Missile 727, qui deviendra une référence dans le konpa. Ses titres phares, comme Accident, Mandela, Jolie Minou et Aksidan, sont encore fredonnés aujourd’hui, témoignant de leur intemporalité.

Larose ne se limitait pas à un style unique. Il a su marier le konpa traditionnel avec des ballades d’inspiration espagnole et des rythmes afro-caribéens, créant ainsi une signature musicale riche et variée. Ses chansons abordaient des thèmes sociaux, politiques et humains, faisant de lui non seulement un artiste, mais aussi un porte-voix des réalités haïtiennes.

Un lien indéfectible avec la diaspora

Dieudonné Larose n’a jamais rompu ses liens avec la diaspora haïtienne. En juin 2025, Montréal lui a rendu un vibrant hommage lors du Mois de l’histoire des Noirs, où il figurait parmi douze personnalités haïtiennes honorées pour leur contribution culturelle. Cet événement a réuni artistes, admirateurs et membres de la communauté, soulignant l’impact durable de Larose sur la scène internationale. Quelques mois plus tard, en août 2025, il participait encore au Festival international Mizik Kreyòl à Montréal, confirmant son rôle de figure rassembleuse et son attachement à ses fans.

Une identité nourrie par la diversité

Originaire de Port-au-Prince, Larose se présentait souvent comme « fils du Nord », revendiquant des racines qui s’étendaient à Jacmel, à l’Artibonite et à Limbé. Cette diversité géographique a profondément influencé son identité artistique. Elle se reflète dans ses compositions, où se mêlent les sonorités des différentes régions d’Haïti, traduisant une volonté de représenter la pluralité culturelle du pays.

Un homme de famille avant tout

Au-delà de la scène, Larose se définissait comme un homme de famille. Lors de plusieurs interviews, il déclarait être père de 25 enfants et grand-père de 16 petits-enfants. Cette dimension personnelle illustre la générosité et l’ampleur de sa vie. Ses proches le décrivent comme un patriarche aimant, attentif et profondément attaché aux valeurs familiales, ce qui renforçait son image d’artiste accessible et humain.

Un héritage immortel

Dieudonné Larose laisse derrière lui un héritage musical inestimable, on peut dire. Et c’est certain que ses chansons continueront de résonner dans les foyers haïtiens et au-delà, rappelant la force de son message et la beauté de son art. En 2025, il avait publié son dernier album, Lakou Lakay, une œuvre qui synthétise son parcours et son amour pour Haïti. Pour beaucoup, Larose restera un symbole de persévérance, de créativité et de passion.

Tout compte fait, la musique haïtienne perd un monument, mais son œuvre demeure vivante. À travers ses mélodies, ses paroles et son engagement, Dieudonné Larose a inscrit son nom dans l’histoire culturelle d’Haïti et de la diaspora. Son départ laisse un vide immense, mais son influence continuera d’inspirer les générations futures.

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