Le 7 février 2026 devait consacrer la sortie de la période d’exception politique et ouvrir la voie au rétablissement progressif de la légitimité démocratique. Il restera plutôt comme une date marquant l’échec d’une transition qui n’a pas tenu ses promesses. Hautement symbolique dans l’histoire politique haïtienne, ce rendez-vous s’inscrit désormais dans la continuité d’une crise prolongée, sans perspective claire de résolution.
UNE TRANSITION ARRIVÉE À TERME SANS RÉSULTATS STRUCTURANTS
Arrivé à l’échéance de son mandat, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) n’a pas atteint ses objectifs fondamentaux. La restauration de la sécurité nationale et l’organisation d’élections crédibles demeurent inachevées. L’autorité de l’État reste affaiblie, l’administration publique fonctionne de manière fragmentée, et l’insécurité continue d’imposer ses contraintes à la vie nationale. La transition n’a pas corrigé les dysfonctionnements structurels ; elle les a contenus sans transformation durable.
UN ÉCHEC QUI DÉPASSE LA CONJONCTURE L’échec observé ne saurait être réduit aux seules circonstances. Il met en lumière les limites récurrentes des mécanismes transitionnels en Haïti, souvent incapables de produire de la légitimité politique, de la cohérence institutionnelle et de la confiance citoyenne. La gouvernance provisoire, prolongée au-delà de l’urgence initiale, tend à s’épuiser sans offrir de trajectoire politique crédible.
LA QUESTION CENTRALE DE LA LÉGITIMITÉ POLITIQUE
Dans le contexte post-transitionnel, la question de la légitimité du pouvoir exécutif s’impose avec acuité. Gouverner sans mandat électoral explicite, sans consensus national formalisé, et sous la pression constante de l’insécurité armée limite considérablement la capacité de l’État à engager des réformes de fond. L’action publique se réduit alors à la gestion de la crise, au détriment de la construction d’un projet national.
UNE CRISE DE CRÉDIBILITÉ INSTITUTIONNELLE
Au cœur de la situation actuelle se trouve une crise de crédibilité institutionnelle. Un pouvoir qui ne repose ni sur le suffrage universel ni sur un accord politique inclusif demeure fragile et contesté. L’insécurité persistante, la paralysie administrative et la méfiance citoyenne apparaissent comme les manifestations visibles d’un déficit profond de gouvernance et de légitimité.
DES EXIGENCES MINIMALES POUR UNE SORTIE DE CRISE
Dans le débat public, plusieurs exigences sont régulièrement mises en avant comme des conditions minimales de redressement :
une transition limitée dans le temps et strictement encadrée ;
un équilibre institutionnel évitant la concentration excessive du pouvoir exécutif;
la réouverture effective des principaux axes stratégiques du pays ;
la mise en place d’un mécanisme de réparation en faveur des victimes de la violence ;
l’organisation d’élections rapides, inclusives et transparentes.
Ces propositions s’inscrivent moins dans une logique partisane que dans une recherche de stabilisation institutionnelle.
LE REFUS D’UNE TRANSITION PERPÉTUELLE
Le pays ne semble plus en mesure de supporter une transition indéfiniment prolongée. Le 7 février ne peut devenir une date de résignation collective. Il devrait plutôt constituer un point de rupture avec l’improvisation, l’opacité et l’inaction qui ont marqué les dernières années.
UNE RESPONSABILITÉ HISTORIQUE IMMÉDIATE
Les autorités en place se trouvent désormais confrontées à une responsabilité majeure : ouvrir un dialogue national crédible et engager des décisions structurantes, ou s’enfermer dans une gouvernance de survie, sans légitimité durable ni perspective historique.
Haïti ne dispose plus du luxe du temps.
Et la patience de la population apparaît largement entamée.
Wislin VITAL Citoyen engagé








